Pollution au chlordécone : en Martinique et en Guadeloupe, les ouvriers agricoles "empoisonnés" réclament "la justice"

Marie-Violette Bernard
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"On a privilégié le profit au détriment de la santé des ouvriers agricoles." Debout dans une bananeraie du François, en Martinique, Marie-Hélène Marthe dite Surelly marque une pause. Les mots lui manquent pour décrire la "colère" qu'elle ressent face au scandale sanitaire du chlordécone, cet insecticide toxique utilisé pendant vingt ans aux Antilles. "J'ai vu plusieurs collègues mourir de cancer. D'autres développer des maladies [neurologiques] ou du foie", liste la secrétaire du syndicat CGTM. "Pendant des années, rien n'a été fait. Ou sé an ouvriyé agrikol, ou pè mò", s'emporte-t-elle en créole. Traduction : "On peut bien laisser mourir les ouvriers agricoles."

Pour faire entendre la voix de ces victimes, elle manifeste, samedi 10 avril, aux côtés d'autres Martiniquais indignés par la tournure judiciaire que prend ce dossier. Une plainte contre l'Etat pour "mise en danger de la vie d'autrui", déposée en 2006 par plusieurs associations de Martinique et de Guadeloupe, pourrait en effet aboutir à un non-lieu en raison d'un risque de prescription. "On nous a laissés nous empoisonner sans rien faire. Il faut chercher les responsables", martèle Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et avocat qui accompagne les associations dans ce combat depuis plus de quinze ans.

De l'épandage sans gants ni masques

L'"empoisonnement" au chlordécone a débuté en 1972. Les autorités françaises autorisent alors l'homologation de l'insecticide pour lutter contre le charançon du (...)

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