La politique qui vient

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La verticalité du pouvoir et «l’homme providentiel» propres à la Ve République ne parlent plus aux post-baby-boomers, nés depuis les années 60 et qui n’ont connu que les «trente piteuses». Il va falloir compter avec ces citoyens qui voudront participer (ou non) aux décisions stratégiques.


En 2007, Nicolas Sarkozy, le candidat préféré des seniors l’avait emporté sur Ségolène Royal, la candidate de la jeunesse. Beaucoup à gauche en avaient conclu que le vieillissement de la population allait se traduire par un handicap démographique durable pour elle. L’émergence de ce «pouvoir gris» devait être le début d’une ère conservatrice qui la maintiendrait durablement hors de l’Elysée. Pourtant, cette crainte était infondée. Dès 2012, on a bien vu qu’être le candidat des seniors n’est pas synonyme de victoire à la présidentielle. En 2017, François Fillon a recueilli plus de 39 % des voix parmi les 65 ans et plus et pourtant, il n’a même pas pu se qualifier au second tour. Pour la première fois dans l’histoire des présidentielles, aucun candidat de la droite modérée ne la défendra au second tour.


La démographie pèse à la présidentielle, mais à travers le renouvellement générationnel, et non sur l’équilibre entre les jeunes et les vieux. En 2012, 52 % des électeurs qui ont choisi entre Nicolas Sarkozy et François Hollande n’étaient pas en âge de voter en 1981, un cinquième n’était même pas encore né. En 2017, près de 59 % des citoyens n’ont jamais choisi entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Ces post-baby-boomers, nés depuis les années 60 et qui n’ont connu que les trente piteuses, donnent le ton dans les urnes désormais. C’est cette nouvelle donne qu’il faut pleinement comprendre.

Avant d’aller plus loin, les post-baby-boomers sont eux-mêmes hétérogènes, et cela s’en ressent dans leurs choix du 23 avril. Les plus intégrés, les plus diplômés et les mieux armés face aux enjeux de l’économie globalisée ont choisi Macron. Les plus en marge, les laissés-pour-compte, (...)

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