Policier assassiné sur les Champs-Elysées en 2017: le principal accusé nie en bloc

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"Je n'ai rien à voir" avec la vente de l'arme du crime: au premier jour du procès de l'assassinat du policier Xavier Jugelé en 2017 sur les Champs-Elysées, le principal accusé a nié lundi en bloc les charges pesant contre lui.

Nourredine Allam, âgé de 31 ans, est le seul des quatre accusés à comparaître devant la cour d'assises spéciale de Paris avec la qualification terroriste, "pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un crime". Les trois autres sont jugés pour détention et/ou cession d'armes, dont un comparaît libre.

Les quatre hommes sont jugés jusqu'au 18 juin pour leur rôle dans la fourniture du fusil d'assaut au Français de 39 ans qui avait tué le policier avant d'être abattu par les forces de l'ordre, le 20 avril 2017.

Karim Cheurfi était sorti de sa voiture pour tirer à l'arme automatique sur un car de police garé en haut des Champs-Elysées, tuant de deux balles Xavier Jugelé, qui se trouvait au volant, et blessant deux autres policiers ainsi qu'une touriste allemande.

A trois jours du premier tour de l'élection présidentielle 2017, l'attaque, aussitôt revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), avait durci la fin de la campagne alors que la France avait subi en 2015 et 2016 une vague sans précédent d'attentats.

Un hommage national avait été rendu à Xavier Jugelé, élevé à titre posthume au rang de capitaine et fait chevalier de la Légion d'honneur. Par ailleurs, François Hollande, alors président de la République, et la maire de Paris Anne Hidalgo s'étaient rendus au mariage posthume, le mois suivant, de Xavier Jugelé avec son compagnon, invité à l'Élysée lors de l'entrée en fonction d’Emmanuel Macron.

Lundi, Nourredine Allam, accusé d'avoir vendu la kalachnikov à Karim Cheurfi, a présenté ses condoléances à la famille et aux proches du policier tué à l'âge de 37 ans.

Rasé de près, cheveux courts, vêtu d'une veste sombre sur un tee-shirt gris, il a ensuite maintenu devant la cour ce qu'il avait défendu pendant l'enquête.

"Je n'ai rien à voir avec cette vente d'arme, ni de près, ni de loin", a ainsi déclaré Nourredine Allam, précédemment condamné à 19 reprises entre 2004 et 2013, parfois à de la prison ferme, pour des délits de droit commun.

Deux des autres accusés ont affirmé pendant l'enquête qu'il avait bien vendu le fusil d'assaut à Karim Cheurfi.

- Un drame évitable ? -

Par ailleurs, Nourredine Allam aurait dit au lendemain de l'attentat à son cousin, selon ce dernier, "avoir fait une +énorme bourde+".

Son avocate, Me Clarisse Serre, a rejeté lundi devant la presse la qualification terroriste, soulignant que le profil de son client n'avait "rien à voir" avec celui d'un islamiste radical.

Elle a aussi mis en avant la responsabilité des autorités qui ont laissé libre Karim Cheurfi à l'issue d'une garde à vue, fin février 2017 (soit deux mois avant l'attaque), dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Meaux pour "association de malfaiteurs en vue de commettre un crime".

"Les autorités connaissaient un mois et demi avant l'attaque son projet d'assassiner des policiers. Si l'audience est bien menée, on va très vite se rendre compte des loupés dans cette affaire. Le drame des Champs-Elysées aurait pu être évité", a soutenu Me Serre.

Cette enquête faisait suite à deux signalements effectués fin 2016 auprès des commissariats de Marseille et Montfermeil (Seinte-Saint-Denis) au sujet du comportement et des propos de Karim Cheurfi.

Déjà condamné en 2005 à 15 ans de prison pour tentatives d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique, "sa haine des policiers" était notoire, a rappelé le président de la cour, Laurent Raviot.

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