Attaque à Rambouillet: comment mieux protéger les forces de l'ordre des attaques?

Hugues Garnier
·3 min de lecture
Dispositif policier autour du commissariat de Rambouillet, où une policière a été tuée ce vendredi à l'arme blanche. - BFMTV
Dispositif policier autour du commissariat de Rambouillet, où une policière a été tuée ce vendredi à l'arme blanche. - BFMTV

Stéphanie M. "ne disposait pas d'armement ou de protection pour se défendre", a relève ce samedi sur BFMTV François Bersani, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP-Police dans les Yvelines. La fonctionnaire de police a été tuée la veille, dans l'entrée du commissariat de Rambouillet où elle exercait.

Des protections réclamées pour les administratifs

Âgée de 49 ans et mère de famille, celle qui s'occupait de l'accueil au sein du poste de police était une agente administrative. Un statut ne lui permettant pas de bénéficier des mêmes protections que les personnels dits actifs alors même qu'elle exerçait depuis 28 ans dans ce commissariat.

Le drame aurait-il pu être évité? "Les administratifs revendiquent depuis longtemps le port de gilets pare-balles. Ils sont en première ligne pour accueillir le public. Dans les CHSCT, l’alerte est régulièrement donnée", confie un policier des Yvelines au Parisien.

"On a une vraie inquiétude du côté de nos personnels administratifs qui n'ont pas été recrutés pour faire des tâches de sécurité et aujourd'hui ces personnes se retrouvent seules face au public (...) et quand on se retrouve face à un assaillant on a ce problème", poursuit François Bersani en évoquant "un point de vulnérabilité sur l'accueil du public".

Appel à la vigilance de Beauvau

Là n'est pas la seule revendication des syndicats, ces derniers plaident notamment pour une sécurité accrue des postes de police, y compris dans les lieux jugés tranquilles.

"Il y avait déjà des craintes à notre niveau sur ce commissariat, ça n'est pas le seul. Il va falloir revoir la doctrine en matière d'installations de police", estime François Bersani.

Avis partagé par Rocco Contento. Le secrétaire départemental unité SGP-Police FO à Paris considère dans le Parisien que ce renforcement de la sécurité doit notamment se faire pour les commissariats "particulièrement exposés". Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a ainsi demandé dans un télégramme adressé aux préfets le renforcement de la sécurité aux abords des commissariats et des brigades de gendarmerie, "notamment s'agissant des accueils". Sous quelle forme? Difficile encore à dire.

"Dans les CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), nos délégués demandent souvent l’installation de vitres blindées", note dans le Parisien le secrétaire général adjoint du syndicat Unsa-Police, Thierry Clair.

Quid de la répartition des effectifs de police?

Plus de moyens matériels, et plus de moyens humains. La présence de policiers devant l'entrée des commissariats est également réclamée par plusieurs syndicats. Une surveillance qui là encore n'est pas sans coût.

"Il faut rappeler que les policiers qui surveillent les commissariats sont des policiers qui seront en moins sur la voie publique", souligne sur notre antenne Mathieu Valet, secrétaire national adjoint du syndicat indépendant des commissaires (SICP).

Reste que le renforcement de la sécurité des commissariats n'empêche pas les forces de l'ordre d'être victimes du terrorisme. L'attaque survenue vendredi à Rambouillet vient s'ajouter aux attentats de Charlie Hebdo et de l'Hypercacher, l'attentat de Magnanville, l'attaque des Champs-Elysées, celle de Trèbes en 2018 ou de la préfecture de Police de Paris en 2019.

"Vivre avec cette menace"

Devenues des cibles à part entière, les forces de l'ordre se disent aussi victimes d'un climat de plus en plus hostile à leurs actions. Interrogé par BFMTV, Denis Jacob du syndicat Alternative Police CFDT souhaite que prenne fin ce qu'il considère comme une "stigmatisation" et réclame la mise en place d'"une grande cause nationale de soutien pour la police".

Dans l'attente d'éventuelles nouvelles annonces de la part de la part de l'exécutif - une réunion interministérielle devant se tenir ce samedi à la suite de l'attentat - Matthieu Valet se résigne à un constat: "Nos collègues doivent vivre avec cette menace permanente qui plane au-dessus de leur tête."

"L'État doit prendre des mesures fortes parce que si la police n'est plus protégée elle ne peut plus effectuer son devoir de protection", conclut François Bersani.

Article original publié sur BFMTV.com