La police russe perquisitionne des centaines de partisans de l’opposant Navalny

La police russe a procédé jeudi 12 septembre à des perquisitions massives à travers le pays visant des collaborateurs de l'opposant au Kremlin Alexeï Navalny. Il a été impliqué cet été dans un vaste mouvement de contestation électorale face à l’exclusion de candidats d’opposition à des scrutins locaux.

Selon le principal opposant au Kremlin Alexeï Navalny, qui a dénoncé l’« hystérie » du pouvoir russe, ces perquisitions massives seraient dues aux revers électoraux de parti au pouvoir lors des élections locales dimanche 8 septembre à la capitale moscovite.

Selon l’un de ses alliés, les perquisitions seraient officiellement liées à une enquête sur le blanchiment supposé de 1 milliard de roubles (près de 14 millions d'euros) par le Fonds de la lutte contre la corruption de l’opposant. L'affaire avait été lancée début août, alors que Moscou était secoué par des manifestations contre l'exclusion de candidats d'opposition à un scrutin local.

Saisies de matériel

« Plus de 200 fouilles » et saisies de matériel avaient touché les équipes de l'opposant dans « 41 villes de Russie », a tweeté Alexeï Navalny. « Cela ne touche pas seulement les appartements des coordinateurs et les bureaux, mais aussi les domiciles des collaborateurs et des bénévoles actifs », a précisé Leonid Volkov, l'un des alliés de M. Navalny sur Twitter, ajoutant que la police était notamment intervenue dans les villes de Nijni Novgorod, Vladivostok, Kazan, Ekaterinbourg, Novossibirsk ou encore à Saint-Pétersbourg.

Dans les urnes, les élections locales de dimanche se sont traduites par un revers cinglant des candidats pro-pouvoir à Moscou, où ils ont perdu près d'un tiers de leurs sièges par rapport à la précédente mandature. Alexeï Navalny avait appelé les électeurs à « voter intelligemment » en soutenant les candidats les mieux placés pour battre ceux du Kremlin.

Manifestations d'une ampleur inédite

Tous les candidats de l'équipe de cet opposant avaient été exclus de ce scrutin à Moscou. En réaction, ils avaient vivement soutenu une série de manifestations d'une ampleur inédite depuis 2012 et fermement réprimée par les autorités.

Empêcher le développement de l’opposition en province

Dénonçant un « coup massif », Kira Iarmych, sa porte-parole, a qualifié ces nouvelles perquisitions « d'acte d'intimidation » et de « vol » visant à paralyser le travail de son organisation. La semaine dernière, les bureaux moscovites de leur équipe et le studio d'enregistrement avaient déjà été visés par une perquisition de policiers cagoulés.

Le mouvement indépendant Golos, spécialisé dans l'observation des élections en Russie, a également annoncé le même jour avoir été visé par deux opérations de police contre ses employés en région. Selon le journal The Bell, ces interventions viseraient à empêcher le développement de l'organisation d’Alexeï Navalny en province, afin d'éviter des déconvenues électorales semblables à celle de dimanche à Moscou.

(Avec AFP)