La police russe abandonne la piste de l’empoisonnement dans l’affaire Navalny

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L’opposant russe tombé dans le coma et soigné en Allemagne a été victime non pas d’une tentative d’empoisonnement au Novitchok, comme l’affirment plusieurs laboratoires européens, mais d’un malaise provoqué par une « pancréatite » chronique, selon la police russe. Une version aussitôt tournée en dérision par l’opposant et ses partisans.

Avec notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot

Dans son communiqué, la police russe des transports écarte définitivement la piste de l’empoisonnement. « Le diagnostic final a été posé par les médecins » explique la police russe: « dérèglement du métabolisme glucidique, pancréatite chronique avec altération de certaines fonctions ».

C’est uniquement en raison de son état de santé qu’Alexeï Navalny serait donc tombé dans le coma alors qu’il se trouvait dans un avion, entre Tomsk et Moscou.

« Les mois passent et les médecins continuent de trouver de nouvelles maladies chez Navalny » a aussitôt ironisé sur les réseaux sociaux la porte-parole de l’opposant russe.

Alexeï Navalny et ses partisans ne manquent pas une occasion de pointer la versatilité des versions avancées par les autorités russes pour expliquer son malaise. « Le jour même où le ministère de l’Intérieur affirme qu’il n’y pas eu d’empoisonnement », s’amuse l’opposant, le chef des services de renseignement extérieur dit que j'ai été « empoisonné par les pays de l’Otan ».

Pour sa part le ministère russe des Affaires étrangères a de nouveau accusé l’Allemagne, ce vendredi, de ne pas coopérer dans cette affaire sous des prétextes qualifiés de « farfelus ». Moscou reproche notamment à Berlin de ne pas lui communiquer les données médicales de l’opposant russe.