Police, racisme, antiracisme racialiste : comment on devient américain

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Cet article est à retrouver dans le "Carnet des médiologues", où vous pouvez retrouver Régis Debray et sa bande chaque semaine.

L’import-export de traits culturels, au sens large du terme, est en fait un aller-retour. C’est comme la… pizza : importée d’Italie, reconditionnée aux Etats-Unis (avec supplément de fromage) et renvoyée à l’Europe et au monde où les jeunes la préfèrent à l’original. NB : les Italiens se sont vengés avec la mafia et, en sens inverse, avec le western spaghetti (avec supplément de sauce tomate).

Le même processus affecte aussi bien une idée, une croyance, une forme littéraire ou artistique, une œuvre (remake), une mode, etc. Ces aller-retour qui affectent autant les corps, que les âmes et les esprits, sont la clé du soft-power américain : celui-ci opère à la manière d’une pandémie (infodémie, idéodémie…), dont les porteurs sains ignorent en général ce qu’ils véhiculent : par exemple les amateurs de pop music, de séries US ou de management à l’américaine (sans parler de l’information et de la pub), ignorent le catéchisme embedded, autrement intrusif, persuasif, et efficace que l’islam (n’en déplaise à Zemmour) : on se convertit sans même le savoir.

Philippe Guibert a souligné le rôle de l’image dans ces transports, mais le son, la parole et le geste sont également à la manœuvre. L’Amérique nous contamine en mode multimédia.

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