Police : pourquoi les forces de l'ordre sont-elles en colère contre Emmanuel Macron ?

En moins de deux semaines, la tension est à son maximum entre les forces de l'ordre et le pouvoir. Tout est parti d'une phrase prononcée par Emmanuel Macron lors d'une interview accordée à Brut, vendredi 4 décembre : "C'est vrai que, aujourd'hui, quand on a une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé". L'accusation des contrôles au faciès n'est pas nouvelle, mais cette fois, elle est portée par le président. Réfléchir à l'avenir de la police Immédiatement, des policiers en colère créent une une conversation sur un messagerie confidentielle. "Après trois ans de manifestations, après avoir été le dernier rempart de la République à cause d'une gestion catastrophique de ce gouvernement, trop c'est trop", a envoyé l'un d'entre-eux. Emmanuel Macron adresse alors un SMS à un de ses interlocuteurs privilégiés, Yves Lefebvre, un syndicaliste de l'unité SGP-Police et adhérent, à titre personnel, de la République en Marche. "Je lui ai parlé cash. Je lui ai proposé une sortie de crise avec un Beauvau de la sécurité", a-t-il déclaré. Il s'agirait là d'une grande réunion pour réfléchir à l'avenir de la police. L'annonce officielle du président, qui tient à son effet de surprise, se fait par une lettre adressée à Yves Lefebvre. Un proche du président a réagi crûment à cette annonce : "C'est une énorme connerie. Si on veut refonder la police, il faut fédérer. Aucun syndicat n'est capable de tenir un deal."