La police minée par la corruption

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Une vendeuse de rue a été violée et dévalisée dans un commissariat de Manille pendant les fêtes. A Quezon City, des agents des stupéfiants, dont le chef de l’unité, ont arrêté trois ressortissants indiens pour des motifs apparemment infondés. Deux d’entre eux ont été retrouvés morts quelques jours plus tard. L’année dernière, un commissaire de police de Manille a été pris en vidéo en train de torturer un suspect nu, une corde nouée aux parties génitales.

Dans le massacre de Maguindanao, 62 policiers sont accusés de complicité dans la mort de 57 personnes, dont 30 journalistes, exécutées sommairement, puis jetées dans un fossé en novembre 2009. Un policier de Zamboanga City est aujourd’hui accusé du meurtre d’un employé du Land Transportation Office, et d’autres sont impliqués dans un trafic de drogue.

Cette succession de crimes a ébranlé la confiance de la population dans une institution qui était déjà considérée comme l’une des plus corrompues des Philippines. Mais il faut aussi y ajouter l’affaire de ce bus de touristes chinois pris en otages, puis abattus en août dernier par un policier énervé par son licenciement pour abus de pouvoir.


Au total, 730 policiers risquent actuellement d’être purement et simplement renvoyés pour toute une série d’infractions. De janvier à novembre 2010, la Police nationale des Philippines (PNP) a lancé plus de 2 000 enquêtes administratives contre ses propres agents.

Selon les analystes, la récente augmentation de la criminalité s’explique par le nombre alarmant d’incidents criminels commis par des policiers, ainsi que par l’inefficacité générale des forces de l’ordre. Les bandes organisées, dont beaucoup seraient en cheville avec des policiers corrompus, s’en donnent à cœur joie dans tout le pays.

Pour Harry Roque, avocat spécialiste des droits de l’homme, ce genre d’incident est un symptôme de la culture d’impunité qui est profondément ancrée dans le pays : les tueurs et les délinquants sont rarement appréhendés ou poursuivis. Roque représente les familles de plusieurs personnes tuées lors du massacre de Maguindanao. Plus d’un an après les faits, plus de 120 suspects courent toujours et la procédure judiciaire avance avec une lenteur d’escargot.
Tout cela coûte cher au tourisme et aux investissements étrangers, pointent les experts. Depuis peu, les bandes organisées se livrent à des vols de voiture avec violence et à des enlèvements contre rançon visant spécifiquement les étrangers ou les émigrés philippins qui reviennent en vacances au pays.

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