Macron-Le Pen: les propositions des deux candidats sur la sécurité et la justice

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Dimanche prochain, les Français seront appelés à départager les deux finalistes de la présidentielle : Emmanuel Macron, le président sortant, et Marine Le Pen, la candidate d'extrême droite. Toute la semaine, RFI décrypte les programmes des deux candidats : que proposent-ils sur les questions de police et de justice, alors que la sécurité fait partie des priorités des Français ?

Sans surprise, c'est Marine Le Pen qui consacre à la sécurité le plus de place dans son programme (18 pages, contre une poignée pour son adversaire). La candidate d'extrême droite dresse d'abord un tableau très noir d'une France où « des pans entiers du territoire [échapperaient] à l'autorité de l'État », et où « les trafics de drogue ou d'armes [auraient] pris des proportions inédites ».

Pour y répondre, elle propose une augmentation massive des budgets de la sécurité et de la justice, de l'ordre de 1,5 milliard d'euros par an, pour créer 7 000 postes de policiers et gendarmes et 3 000 postes de personnels administratifs censés décharger les forces de l'ordre de la « paperasse ». Elle entend aussi obliger toutes les communes de plus de 10 000 habitants à se doter d'une police municipale.

Après cinq ans à l'Élysée, Emmanuel Macron s'emploie, lui, d'abord à défendre son bilan, évoquant la création de 10 000 postes de policiers et gendarmes, le lancement de la police de sécurité du quotidien et une augmentation de 3,5 milliards d'euros du budget du ministère de l'Intérieur.

Le président-candidat entend aussi confier à des personnels administratifs la garde des bâtiments publics et la police des audiences, par exemple, pour pouvoir redéployer 3 500 policiers et gendarmes sur le terrain.

Le Pen veut une « présomption de légitime défense »

Après un quinquennat marqué par le mouvement des Gilets jaunes et la mise en lumière des violences policières, par plusieurs affaires de racisme entachant le travail des forces de l'ordre, ces questions ne figurent dans aucun des deux programmes. Emmanuel Macron évoque tout de même la généralisation du port des caméras-piéton pour « des relations police-population plus sereines ». Marine Le Pen propose au contraire d'instaurer « une présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes », qui n'auraient alors plus à apporter la preuve de la légalité de leur tir.

Sur la justice, les deux programmes s'opposent plus frontalement. Alors qu'à l'hiver dernier, 3 000 magistrats et une centaine de greffiers publiaient une tribune dénonçant « une justice qui n'écoute pas et qui chronomètre tout », les deux candidats s'accordent certes sur la nécessité d'augmenter fortement les effectifs. Marine Le Pen veut « doubler le nombre de magistrats pour le porter à 20 000 » (choisis pour la plupart hors-concours), quand Emmanuel Macron prévoit le recrutement de 8 500 magistrats et personnels de justice d'ici à 2027.

Amendes forfaitaires contre peines planchers

Mais quand le président-candidat entend généraliser les amendes forfaitaires exigibles immédiatement pour les délits sanctionnés par des peines de prison inférieures à un an (c'est déjà cas pour l'usage de cannabis ; cela pourrait, par exemple, être étendu à la conduite sans permis) et souhaite mettre « davantage l'accent sur le travail d'intérêt général », Marine Le Pen fustige, elle, toutes les alternatives à l'emprisonnement. Elle juge qu'il n'existe « que deux types de peines qui peuvent être compris par les délinquants et les criminels : les amendes et la prison ferme ». Elle se dit ainsi favorable à l'exécution de très courtes peines de prison, d'une ou deux semaines, et se prononce pour l'instauration systématique de peines planchers – une mesure peu susceptible de passer le crible du Conseil constitutionnel.

Face à la surpopulation chronique des établissements pénitentiaires (la France compte toujours plus de 70 000 détenus pour seulement 60 000 places de prison), Marine Le Pen promet 85 000 places de prison à l'horizon 2028 contre 60 000 en 2021. En 2017, Emmanuel Macron avait promis 15 000 places de prison supplémentaires, 7 000 ont été livrées ou sont en construction.

Inscrire les harceleurs de rue au registre des délinquants sexuels

Marine Le Pen applique la même logique aux mineurs, elle entend abaisser la majorité pénale – « par exemple à 16 ans », écrit-elle dans son programme sans plus de précision – et quasiment doubler le nombre de centres éducatifs fermés. Une politique plus dure encore pour les mineurs étrangers : en cas de condamnation, elle souhaite rendre impossible d'acquérir la nationalité française. Emmanuel Macron propose lui un encadrement militaire des mineurs délinquants. Les deux programmes consacrent également un chapitre aux violences faites aux femmes. Marine Le Pen propose de s'appuyer sur l'exemple espagnol en jugeant les conjoints ou ex-conjoints violents « dans des délais très brefs », et souhaite inscrire les harceleurs de rue au registre des délinquants sexuels.

Emmanuel Macron vante quant à lui son bilan en matière de lutte contre les violences conjugales, en mettant en avant la création de 2 000 places d'hébergement et la formation de 90 000 policiers et gendarmes, alors que les associations féministes n'ont eu de cesse de pointer les manquements en ce domaine. Pour le quinquennat à venir, il annonce le doublement du nombre d'enquêteurs sur les violences intrafamiliales, la création d'un pôle juridictionnel spécifique et d'un fichier des auteurs des violences conjugales.

L'Ordre des avocats de Paris « vigilant », pas de consigne pour Alliance

Dans un communiqué publié trois jours après le premier tour, l'Ordre des avocats de Paris, qui rassemble plus de 40% des avocats de France, rappelle « son attachement indéfectible aux valeurs de la République, au respect de l'État de droit, à la garantie des droits de la défense, à l'indépendance des acteurs de la Justice, et à la primauté des engagements internationaux et européens de la France ». En 2017, le syndicat Alliance, majoritaire chez les policiers, avait appelé à voter pour Emmanuel Macron pour faire barrage à Marine Le Pen. En 2022, il n'a cette fois donné aucune consigne de vote.

►Lire aussi : Macron-Le Pen : sur le climat et l'environnement, le compte n'y est pas selon les ONG

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