"La police sans justice c'est le totalitarisme": Dupond-Moretti défend à nouveau l'institution

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"Le problème de la police, c'est la justice !", avait jugé mercredi le secrétaire général du syndicat de police Alliance lors du rassemblement de milliers de policiers devant l'Assemblée nationale. "Cette affirmation est fausse et elle est grave", s'est indigné Eric Dupond-Moretti dans le JDD.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a défendu l'institution judiciaire, accusée de laxisme par certains syndicats de policiers et élus, estimant dans un entretien au Journal du Dimanche que "la police sans justice c'est le totalitarisme".

"Le problème de la police, c'est la justice !", avait jugé mercredi le secrétaire général du syndicat de police Alliance lors du rassemblement de milliers de policiers devant l'Assemblée nationale.

"Cette affirmation est fausse et elle est grave", s'est indigné Eric Dupond-Moretti dans le JDD.

"La police sans la justice, c'est le totalitarisme, la justice sans la police, c'est l'impuissance. Ces deux institutions méritent le respect de tous les républicains", a poursuivi le ministre, qui a par ailleurs jugé légitime la présence de son collègue de l'Intérieur Gérald Darmanin au rassemblement des policiers.

Le garde des Sceaux a également rappelé une partie du bilan chiffré de la réponse pénale qu'il avait déjà déroulé mardi devant les députés: "en 2019, 132.000 peines d'emprisonnement ferme ont été prononcées, contre 120.000 en 2015".

Refus des peines plancher

"Dans l'affaire Nordahl Lelandais, l'avocate générale avait requis 30 ans de réclusion; c'est un jury populaire qui l'a condamné à 20 ans. Est-ce du laxisme ?", a lancé l'ancien avocat.

Il a également invoqué les chiffres pour justifier son refus de rétablir les "peines plancher" que réclament les syndicats policiers pour ceux qui s'en prennent aux membres des forces de l'ordre.

Créées au début du mandat de Nicolas Sarkozy en 2007, elles prévoyaient une peine minimale incompressible pour un certain nombre de crimes et de délits et ont été supprimées sous la présidence de François Hollande en 2014.

"Si l'on regarde les peines qui ont été prononcées pendant cette période (entre 2007 et 2014), on constate qu'elles étaient nettement inférieures à celles prononcées après la suppression", a jugé le pénaliste.

Le ministre a aussi, une nouvelle fois, défendu le budget "historique" de la Justice, qui "a bondi de 21% en quatre ans et de 8% rien que cette année alors que nous atteignons les 9090 magistrats".

Article original publié sur BFMTV.com

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