Police : le dialogue reste compliqué dans certains quartiers d'Argenteuil

Leur simple présence peut faire naître des tensions. La brigade de police d’Argenteuil (Val-d'Oise), zone désignée comme sensible, est parfois prise pour cible, même dans les rues commerçantes plutôt calmes d’ordinaire. "Une fois, une personne mal intentionnée a sorti des oignons de son congélateur, et les a jetés dans notre direction", se souvient un policier en désignant un immeuble qu’il surnomme "la tour aux oignons". "Notre présence dérange. On est tout le temps là, donc on empêche certains trafics de stupéfiants, on empêche des vols à la tire ou à l’arrachée", estime Jean-Philippe Chalopin, brigadier-chef. Une défiance réciproque Dans ces quartiers de la ville, nombreux sont les jeunes à se méfier de la police. Les contrôles peuvent être tendus. Des contrôles que deux adolescents redoutent : ils admettent ne pas avoir confiance en la police, car ils ont "peur de finir avec une gazeuse dans les yeux, peur d’avoir mal". "Ce que j’entends autour de moi, c'est que ça dégénère toujours", avoue l’un d’entre eux. Et la défiance est réciproque. Des tensions qui sont au cœur du "Beauvau de la sécurité", qui s'est ouvert lundi 25 janvier.