Police : Darmanin défend un texte pour redonner "des moyens" et réparer "des erreurs"

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin pose le 11 octobre 2022 à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin pose le 11 octobre 2022 à Paris - JOEL SAGET © 2019 AFP

Gérald Darmanin a ouvert lundi l'examen à l'Assemblée d'un texte de programmation de son ministère, pour répondre à "un manque de moyens structurels" depuis 30 ans, et "réparer" des "erreurs" lors de manifestations récentes, notamment des gilets jaunes.

Évoquant un "manque de moyens structurels depuis plus de trente années", un manque "de réformes", de "programmation", mais aussi des "changements de la délinquance et de la criminalité", le ministre de l'Intérieur a enjoint les députés à voter cette loi d'orientation et de programmation (Lopmi), qui table sur 15 milliards d'euros supplémentaires alloués sur cinq ans.
Égrenant pendant une demi-heure les principaux "travaux" qui attendent selon lui ses services, - manque d'effectifs, menaces cyber, besoins en formation des forces de l'ordre -, le ministre a énuméré les principales mesures du texte.

Moderniser la police

Parmi celles-ci, 8 500 postes de policiers et gendarmes créés, saisies d'actifs numériques, extension du périmètre des délits pouvant faire l'objet d'amendes forfaitaires, ou encore modernisation numérique des services.

Sur la question du maintien de l'ordre, Gérald Darmanin a évoqué une "erreur structurelle", en réponse aux "manifestations que nous avons connues dans les années 2018, 2019 et parfois en 2020".

"Nous mettions des policiers et des gendarmes qui n'étaient pas formés, qui n'étaient pas préparés à l'ordre public", a déploré le ministre, arguant d'un "manque de moyens, puisqu'il y a eu 15 suppressions d'escadrons de gendarmerie mobile et de CRS (en) 20 ans".

Le locataire de la place Beauvau a également pointé du doigt leur "manque de formation parce que personne n'avait vu venir les gilets jaunes, en tout cas leur multiplication et leur répétition".

Regard tourné vers les députés LR

Il a mis en avant la création prévue par le texte de "11 unités de forces mobiles" pour "réparer cette erreur".
Ne manquant pas de souligner que le Sénat l'avait soutenu à la "quasi-unanimité" de ses membres (307 voix contre 27, dont les sénateurs socialistes), Gérald Darmanin a appelé les députés à voter "un texte très important pour les sécurités de nos concitoyens". Pour cela l'exécutif compte sur les voix de la droite. À gauche, La France insoumise, les écologistes et les communistes devraient sauf surprise majoritairement voter contre le texte, les socialistes réservant leur position en fonction des avancées lors de l'examen en séance. Les débats doivent durer toute la semaine, avec plus d'un millier d'amendements à examiner.

Article original publié sur BFMTV.com

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