Police : la colère ne désarme pas

Excédées d’être accusées de racisme, les forces de l’ordre rappellent que leur institution est intraitable avec les dérapage.

À la tombée de la nuit, vendredi 12 juin, le quartier de la Dalle s’est embrasé à Argenteuil, dans le Val d’Oise. L’immense place bétonnée porte encore les stigmates de l’attaque. Le poste de police et le centre de protection maternelle et infantile ont été les cibles d’un groupe armé de cocktails Molotov et de barres de fer. Une soixantaine d’individus contre neuf policiers… forcés de se replier. Depuis la mort en motocross de Sabri, 18 ans, les émeutes se succèdent. Les policiers ont beau affirmer qu’il s’agit d’un accident tragique, la famille n’en démord pas: le jeune s’est tué parce qu’ils le poursuivaient.

Alors, dans une dizaine de cités, c’est la flambée des guets-apens. Pendant dix nuits, du 17 au 26 mai, les policiers, épaulés par des compagnies de CRS et des gendarmes mobiles, ont essuyé des tempêtes de projectiles: pavés, boules de pétanque, cocktails Molotov blindés de clous, explosifs artisanaux de type mortiers d’artifice… Des attaques «anti-flics» organisées, planifiées et téléguidées par un noyau dur, une quinzaine de leaders. A chaque assaut, la même stratégie. D’abord, les éclairages publics et les caméras de surveillance sont cassés. Puis, une fois le point de deal fermé à la clientèle (autour de 22h30, «un peu plus tôt que d’habitude », précise-t-on), une centaine d’émeutiers, des locaux âgés de 16 à 22 ans, déclenchent des incendies, en brûlant des poubelles, pour attirer pompiers et policiers.

Dans cette guérilla urbaine, chaque individu tient un rôle précis. Des scooters déplacent les troupes pendant que des voitures ravitaillent les points de stockage en «munitions». «Ils vont les chercher en Belgique, au Luxembourg ou en Allemagne. Un mortier coûte 35 euros », nous apprend un agent. Chaque(...)


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