La police à l’épreuve du coronavirus : "La pédagogie du confinement n’est pas claire"

Les forces de l'ordre sont chargées de faire respecter le confinement face au coronavirus.

Marianne : Le gouvernement vient de durcir les mesures de confinement. Comment estimez-vous la difficulté pour les forces de l’ordre de les faire appliquer ?

Sebastian Roché : Le niveau de confiance et de crédibilité de la police s’est beaucoup effondré ces derniers temps. Le point de départ n’est donc pas bon. Mais autant la police est décriée quand elle fait quelque chose de mal, autant elle est félicitée quand elle fait quelque chose de bien. Les syndicats de police ne le comprennent pas toujours, mais les policiers sont jugés sur leur performance. Les citoyens seront sensibles à la manière dont les forces de l’ordre feront la police de la santé, pour le dire simplement.

L'action de la police sera d'autant plus légitime que les finalités seront claires.

Comment contrôler au mieux le confinement ?

Il y a un tropisme français qui consiste, quand les gens n’obéissent pas instantanément, à leur coller des amendes et à les augmenter en cas de récidive. C’est une méthode très discutée dans les instances internationales, parce qu’elle pose la question du fondement de la légitimité. Faire changer leur routine aux gens, c’est très compliqué. Il ne faut pas raisonner en objectif de verbalisations, mais d'abord leur faire comprendre pourquoi ils doivent se confiner. L'action de la police sera d'autant plus légitime que les finalités seront claires.

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