Polar – Lacy M. Johnson et Agatha Christie, le rattrapage de mai

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L'Américaine Lacy M. Johnson a pris la plume pour se réapprorier ses souvenirs, sequetrée et violée par son compagnon. Je ne suis pas encore morte est paru aux éditions Sonatine
L'Américaine Lacy M. Johnson a pris la plume pour se réapprorier ses souvenirs, sequetrée et violée par son compagnon. Je ne suis pas encore morte est paru aux éditions Sonatine

« Je jaillis par la porte vitrée, les bras battant comme deux hélices désaxées, titubant comme une femme brûlée vive : les cheveux et les vêtements en flammes. » La narratrice vient d'échapper à son bourreau. L'homme en cavale sera inculpé, mais jamais jugé « pour kidnapping, détention criminelle, sodomie et viol ». On a l'impression de lire une banalité, un fait divers américain ? encore un ?, dans Je ne suis pas encore morte, de l'Américaine Lacy M. Johnson. Sauf que le « je » narratif raconte, sans artifice, l'histoire de l'autrice. Le récit, direct comme un coup de poing, glace comme un aveu qu'on n'attendait pas. Parce que le violeur s'appelle « L'Homme Avec Qui Je Vis », qu'il est le mari, le petit ami, le compagnon de chacune. Parce qu'elle avait décidé d'échapper à sa brutalité mais que son refus n'a pas été entendu. Rescapée, Johnson a dû reprendre possession d'un « corps qui n'existe plus que dans le miroir ». Et comme elle ne pouvait pas changer le passé, elle a décidé de transformer le rapport qu'elle entretient avec ses souvenirs. Ce qui donne ce témoignage terrible, ce livre-justice. Qui aurait pu s'appeler « résilience », si Boris Cyrulnik ne l'avait pas déjà inventé.

Je ne suis pas encore morte, de Lacy M. Johnson, traduit de l'anglais par Héloïse Esquié (Sonatine, 208 pages, 20 euros).

Et puis nettement moins grave mais fondamental : Agatha Christie fait son come-back. Derrière le très habile titre La vérité tue ? tue de taire et tue de tuer [...] Lire la suite