Polar – Le commissaire Soneri prend de la hauteur

Valerio Varesi, le créateur de la série d'enquêtes du commissaire Soneri, l'esprit de la ville de Parme, en Italie, est traduit chez Agullo.   - Credit:Andrea Barnardi
Valerio Varesi, le créateur de la série d'enquêtes du commissaire Soneri, l'esprit de la ville de Parme, en Italie, est traduit chez Agullo. - Credit:Andrea Barnardi

Lorsque le gourmand commissaire Soneri lève les yeux de son assiette, c'est pour voir « l'enceinte grise et âpre » des Apennins, ce prolongement italien des Alpes où il sait qu'il va devoir mener sa septième enquête: dans le village de Monteripa, rude, isolé tout l'hiver, d'où provient l'eau qui passe sous les ponts de Parme, sa ville chérie – celle de l'auteur également. Parce qu'en contrebas, baignant dans l'eau, on a découvert le corps d'un homme assassiné. La boue, la pluie, la neige fondue et les rafales glaciales ravinent la montagne comme les larmes un visage, et l'hostilité de la nature fait écho à celle des hommes, là-haut, taiseux, d'humeur perpétuellement inquiète. Et pour cause, que se trame-t-il dans ce village reculé, où l'on retrouve une camionnette perforée au fusil de chasse, où le cimetière semble avoir été profané ? Rien qui ne ressemble à l'Italie rêvée ! Celle qui bruisse dans la vallée, faite de cuisine et d'amour, celle vers laquelle se tourne ce commissaire mélancolique au cœur aussi grand que l'appétit, lorsqu'il perd espoir.

La Main de Dieu, de Valerio Varesi. Traduit de l'italien par Florence Rigollet (Agullo, 368 p., 21,50 €). Les précédents sont disponibles en poche aux éditions Points.

L'extrait qui tue: 

Le commissaire regarda tout autour de lui, puis leva les yeux vers le pont où des têtes s'alignaient comme des pastèques sur un étal. Ce cadavre s'exhibait de manière scandaleuse sans la moindre pudeur dans un quartier du centr [...] Lire la suite