Polémique autour du port d’une toque au tribunal de Bobigny

Une avocate musulmane peut-elle couvrir sa tête lorsqu’elle plaide dans un tribunal ? La question enflamme le tribunal de Bobigny depuis plusieurs jours.  

Lors  d’une réunion hier soir de l’ordre des avocats de Seine-Saint-Denis, son bâtonnier, Stéphane Campana, a ouvert le débat auprès de ses confrères.  A l’origine de cette question, la prestation d’une jeune avocate du barreau de Seine-Saint-Denis lors d’un récent concours d’éloquence.  

A cette occasion, une jeune avocate brillante termine deuxième du concours.  Lors de sa plaidoirie,  la  lauréate portait la toque historique de l’avocat,  datant du 19e siècle, tombée en désuétude depuis des décennies. Sous son chapeau un léger voile bleu couvrait une partie de la nuque.  Le détail a surpris  les jurés mais ne leur a pas empêché de primer l’avocate. Cette scène a rapidement fait le tour du tribunal. Le bâtonnier de Seine-Saint-Denis a reçu la jeune avocate pour connaître les raisons de cette tenue vestimentaire. Cette dernière aurait indiqué qu’elle ne porterait pas de voile lors de procès mais couvrirait sa tête de la fameuse toque non par prosélytisme mais pour être en accord avec sa religion. Pour autant, cet uniforme traditionnel, “ne serait être une atteinte à l’indépendance et à la neutralité des avocats”, souligne Stéphane Campana. Il n’apparait pas non plus comme un signe religieux visible et ostentatoire. La question est donc de savoir si cette coiffe n’est pas instrumentalisée dans le cas présent. Le bâtonnier de Seine-Saint-Denis a sollicité le conseil national des barreaux sur cette problématique qui pourrait bientôt être observée dans d’autres départements.

François Vignolle