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Polémique autour d'une loi écossaise contre la haine envers les personnes transgenres

Le Premier ministre écossais Humza Yousaf, le 27 mars 2023 à Edimbourg (ANDY BUCHANAN)
Le Premier ministre écossais Humza Yousaf, le 27 mars 2023 à Edimbourg (ANDY BUCHANAN)

L'entrée en vigueur lundi d'une loi en Ecosse destinée à lutter contre l'incitation à la haine notamment envers les personnes transgenres a donné lieu à une polémique impliquant l'auteure JK Rowling, fervente opposante au texte, qui a reçu le soutien du Premier ministre Rishi Sunak.

La nouvelle loi vient renforcer la législation existante et élargit le délit d'incitation à la haine notamment à la transidentité.

Les femmes ne sont pas concernées par le nouveau texte, mais le gouvernement indépendantiste a promis une prochaine loi dédiée pour lutter contre la misogynie.

Au premier jour de son entrée en vigueur lundi, les détracteurs de la loi ont mis en avant les risques qu'elle représente, selon eux, pour la liberté d'expression.

Le Premier ministre conservateur Rishi Sunak a estimé que nul ne doit être poursuivi pour "énoncer de simple faits sur la biologie". "Nous croyons en la liberté d'expression dans ce pays, et les conservateurs la protègeront toujours", a-t-il déclaré auprès du quotidien Daily Telegraph.

L'auteure de la saga Harry Potter a estimé que "la législation est grand ouverte aux abus de la part de militants qui veulent réduire au silence celles d'entre nous qui dénoncent les danger de supprimer les espaces réservés aux femmes", dans une série de messages sur X où elle cite des cas de personnes transgenres condamnées pour viol ou agression sexuelles sur des femmes ou des jeunes filles.

"Il est impossible de décrire précisément ou s'attaquer à la réalité de la violence et de la violence sexuelle commise à l'encontre des femmes (...) sauf si on a le droit d'appeler un homme un homme", a poursuivi JK Rowling, qui s'est exprimée ces dernières années de manière très virulente en faveur des droits des femmes, qu'elle a opposés parfois à la cause des militants transgenres.

"Liberté d'expression et de croyance sont terminées en Ecosse si la description précise du sexe biologique" est vue comme une infraction pénale, a-t-elle ajouté, disant son impatience d'être arrêtée si ces propos sont jugés comme tombant sous le coup de la nouvelle loi.

"Très fier" du texte, le Premier ministre écossais Humza Yousaf s'est quant à lui dit "très confiant dans la capacité de la police écossaise" à le mettre en oeuvre "comme il se doit", face aux craintes exprimées.

Le dirigeant écossais a en outre dénoncé de manière répétée la "désinformation" qui règne selon lui autour de cette législation, dont il met en avant les garanties pour protéger la liberté d'expression et lutter contre les poursuites abusives.

Fin 2022, le Parlement écossais avait adopté une loi facilitant le changement de genre, que le gouvernement britannique avait bloquée, une première, en invoquant notamment des risques de "complications significatives en créant deux régimes de reconnaissance du genre au sein du Royaume-Uni".

spe/roc