Polémique autour de celle qui a révélé l'affaire des bébés sans bras

La scientifique Emmanuelle Amar est au coeur d'une polémique, après avoir rendu publique l'affaire des bébés sans bras dans l'Ain.

«Lanceuse d'alerte» ou «irresponsable» qui «manipule l'opinion publique»? Emmanuelle Amar, la scientifique qui a rendu publique l'affaire des bébés nés sans bras dans l'Ain, est au centre d'une intense polémique, sur fond de problèmes de financement de la structure qu'elle dirige. «Protégeons ceux qui alertent sur un risque sanitaire», a lancé l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi jeudi lors d'une conférence de presse à Paris.

Aux côtés de deux ex-ministres de l'Ecologie, Delphine Batho et Corinne Lepage, elle a exprimé son «soutien» à Mme Amar, qualifiée de «lanceuse d'alerte».

"Une attitude irresponsable"

«Mme Amar n'est pas une lanceuse d'alerte», a répliqué l'épidémiologiste Ségolène Aymé dans un communiqué transmis à l'AFP. Dans ce texte très virulent, cette directrice de recherche émérite à l'Inserm fustige les «mensonges» et «l'attitude irresponsable» de Mme Amar. Des «attaques calomnieuses», répond l'intéressée dans un entretien avec l'AFP.

Emmanuelle Amar dirige le Remera, le plus ancien des six registres des malformations congénitales de France. Basée à Lyon, cette structure été fondée en 1973 après le scandale du thalidomide, anti-nauséeux qui avait fait naître des milliers d'enfants sans bras entre 1957 et 1962. Le registre a notamment aidé à montrer les conséquences de la prise de l'antiépileptique Dépakine pendant la grossesse.

Cet été, il a révélé que plusieurs bébés sont nés ces dernières années sans mains, bras ou avant-bras dans un périmètre restreint de l'Ain (7 naissances entre 2009 et 2014). Deux autres groupes de cas ont été observés, en Loire-Atlantique (3 entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 entre 2011 et 2013). Après enquête, l'agence sanitaire Santé publique France a conclu début octobre(...)


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