Le poids de l’abstention, le choc des résultats

Libération.fr

Si les abstentionnistes sont le premier parti de France, c’est avant tout parce que l’offre électorale manque de lisibilité. Les plus radicaux sont les plus motivés pour aller voter.

Moins d’une semaine avant le premier tour, la seule certitude concerne les abstentionnistes : ce sont eux qui décideront du résultat de la prochaine élection présidentielle. Ou plus exactement, les abstentionnistes plus nombreux dans un camp que dans l’autre. Des abstentionnistes de gauche qui, malgré tout, ne se seront pas décidés à voter Emmanuel Macron malgré le risque d’assister au second tour à un duel entre François Fillon et Marine Le Pen, ou des abstentionnistes de droite qui, finalement, n’auront pas voté François Fillon, quitte à laisser face à face Emmanuel Macron et Marine Le Pen ?

Ce n’est pas la première fois qu’on observe une telle configuration : Déjà, en 2012, François Hollande n’avait été élu que grâce à l’abstention d’une partie de l’électorat de droite. Il l’avait emporté avec une avance de l’ordre de 1,1 million de voix, sur 46 millions d’électeurs inscrits. Par rapport à 2007, alors que le nombre d’électeurs inscrits avait augmenté de 1,6 million de voix, Nicolas Sarkozy avait perdu plus de 2,1 millions de voix. Le nombre d’abstentions avait augmenté de 2,5 millions : la majorité de ces abstentions était constituée d’électeurs qui avaient voté Nicolas Sarkozy en 2007, et qui n’ont pas voulu voter pour lui en 2012.

A l’époque, les commentateurs ne s’étaient pas arrêtés à cette caractéristique des résultats du vote. Pour une raison simple : la victoire de François Hollande était annoncée depuis longtemps déjà dans les sondages, même si, dans les dernières semaines, son avance sur Nicolas Sarkozy s’était peu à peu réduite.

Deux élections récentes ont montré la généralité du phénomène et son impact sur les résultats du scrutin : l’élection de Donald Trump et le Brexit.

Donald Trump a été élu, non grâce à un mouvement massif des électeurs en sa faveur, mais parce qu’une (...)

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