PME: "pour avoir son prêt garanti par l'État, il faut être un peu connecté"

« Monsieur le président de la République, je vous écris pour vous faire part de l’incroyable fossé entre vos décisions pour sauver les entreprises françaises et la réalité. » Ainsi commence la lettre envoyée à Emmanuel Macron par un patron de PME, Denis Cuisy, que la crise sanitaire a plongé dans un univers à la Kafka. Directeur d’e-Center, une imprimerie numérique située à Malakoff (Hauts-de-Seine), il n’a toujours pas réussi à décrocher le prêt garanti par l’Etat (PGE) qui lui permettrait de passer la crise et, en dernier ressort, tente d’en appeler au chef de l’exécutif.

Ce dirigeant dont l’entreprise a été restructurée en 2016 dans le cadre d’une procédure de sauvegarde - qu’il a respectée à la lettre avec ses trois derniers exercices bénéficiaires et toutes ses échéances payées en temps et en heure - détaille un parcours du combattant dans sa missive au président. « Mon entreprise (36 salariés) est éligible au PGE. Sans réponse de nos banques (dossier déposé le 26 mars avec avis favorable des responsables de comptes), l’une d’elles dit le 24 avril à notre collaboratrice prenant des nouvelles de notre dossier : “C’est du harcèlement”. Quant à la BPI, voici sa réponse : “Malheureusement, nous n’avons plus d’enveloppe pour le prêt atout.” C’est donc en désespoir de cause que je m’adresse à vous. »

« Plus de justice économique »

Même si beaucoup d’entreprises restent confiantes, la France des PME ressemble de plus en plus à un pays à deux vitesses, avec celles qui peuvent accéder aux mesures mises en place par le gouvernement, et les autres. « Pour avoir son PGE il faut être un peu connecté », persifle Hélène Bourbouloux, l’administratrice judiciaire qui fait autorité dans la profession. C’est elle que l’on appelle quand tout va mal, comme dans les récents dossiers Novares (équipement automobile) ou Presstalis (distribution de presse), c’est elle aussi qui a monté le dossier d’e-Center. Très inquiète du devenir des petites sociétés qui maillent l’économie française[...]

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