En pleine pandémie, Taïwan organise un des rares festivals de musique au monde

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Un festival de musique avec 25 000 spectateurs, 10 scènes et plus d'une centaine d'artistes sur deux jours, cela se passe à Taïwan. L'archipel revendiqué par Pékin ne compte aucun nouveau cas de contamination au Covid-19 depuis presque deux mois. Résultat : le monde de la culture peut continuer à vivre.

Avec notre envoyé spécial à Kaohsiung, Adrien Simorre

Pogos, bière, et hard-rock… Les festivaliers réunis à Kaohsiung, dans le sud de Taïwan, sont ce week-end devenus les symboles de la réussite de l'archipel face à la pandémie. Un succès surtout permis par des quarantaines strictes à l’entrée du pays.

« Aujourd’hui, on voit tous ces gens qui font la fête alors que le reste du monde ne peut pas organiser de grands évènements. Cela montre bien que cette méthode était la bonne ! », raconte Yi-Ane, 25 ans.

Malgré cette réussite, pas question pour autant de relâcher l’effort. Les masques sont obligatoires, sauf dans certaines zones en extérieur, et les participants doivent scanner un QR code à l’entrée des espaces fermés. « C’est pas très intrusif, quand même, estime Damien, un ingénieur français qui habite à Taïwan depuis 11 ans. Tu laisses ton nom et ton numéro de téléphone, pour moi c’est justifié, et puis ça me rassure un peu. »

« Pas voulu faire confiance à la Chine »

Clou du spectacle, le chanteur et député Freddie Lim enflamme la foule avec son groupe Chtonic. Connu pour sa défense de l’indépendance de Taïwan, il a sa propre explication du succès taiwanais : « Ces dernières années, la pression de la Chine sur Taïwan s’est intensifiée donc dès le début de l’épidémie, on n’a pas voulu faire confiance à la Chine, ni à l’OMS, et on a pu réagir très rapidement. Aujourd’hui, tous les Taïwanais célèbrent cette victoire ensemble, et en plus, on le fait en musique ! »

Le succès de l’événement devrait encourager les festivals à reprendre à plein régime. De quoi occuper les Taïwanais en attendant la réouverture des frontières.

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