En pleine pandémie de Covid-19, Malte s'inquiète de l'exode des infirmiers vers le Royaume-Uni

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Le syndicat des infirmiers de Malte lance un cri d’alarme. Depuis décembre, environ 150 des 600 infirmiers étrangers sur l’île ont déjà fait leurs valises pour s’installer au Royaume-Uni, à coup d’offres de travail plus attractives. Les infirmiers étrangers représentent autour de 15% de l’ensemble du personnel soignant à Malte. En pleine pandémie de Covid-19, le syndicat des infirmiers craint un gros manque de personnel soignant.

Depuis plusieurs mois, des agences de recrutement au Royaume-Uni tentent de convaincre les infirmiers étrangers résidant à Malte de déménager. Pour Paul Pace, le président des syndicats d’infirmiers de Malte, cet exode est une plaie pour ce petit pays, qui n’emploie au total que 4 000 infirmiers. « Perdre notre personnel soignant étranger mettra nos services de santé à l’arrêt, souligne-t-il. Parce qu'avec le Covid-19, on a déjà un gros manque d’infirmiers dans les hôpitaux. Ça sera un réel coup dur. »

Selon le syndicat, le Royaume-Uni promet aux personnels soignants étrangers de l’argent : des salaires de 36 000 euros par an, soit 14 000 euros de plus, en moyenne, que sur l’île. Mais aussi des permis de résidence pour trois ans, quand Malte fait durer les démarches et complique les regroupements familiaux.

Pour Paul Pace, il n’y a qu’une solution. « Nous devons combattre le feu par le feu, estime-t-il. Ce qui est proposé en Grande-Bretagne devrait également être proposé à Malte pour le personnel soignant étranger. En tant que syndicat, nous demandons aux ressortissants de pays tiers d’attendre jeudi prochain. Nous espérons convaincre le gouvernement de faciliter les démarches pour obtenir la nationalité maltaise. » Le syndicat des infirmiers rencontrera le chef du gouvernement jeudi prochain. En attendant, le gouvernement maltais a promis de réfléchir à alléger les démarches administratives pour le personnel soignant étranger.