En pleine crise politique, l'Italie se tourne vers Mario Draghi, ancien patron de la BCE

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Alors que l'ex-Premier ministre italien Giuseppe Conte n'est pas parvenu à ressouder sa coalition politique, le président de la République Sergio Mattarella a convoqué Mario Draghi mercredi et devrait lui confier la tâche de former un nouveau gouvernement.

Attendu mercredi 3 février à Rome, Mario Draghi, ex-patron de la Banque centrale européenne, devrait être appelé à former un gouvernement et succéder ainsi à Giuseppe Conte, incapable de ressouder sa coalition en pleine crise économique et sanitaire en Italie. Le président de la République, Sergio Mattarella, qui a un rôle d'arbitre en cas de crise politique, a convoqué Mario Draghi mercredi midi au palais du Quirinal.

Sergio Mattarella s'est prononcé mardi soir pour un gouvernement de "haut niveau" à même "d'affronter les graves crises actuelles : sanitaire, sociale, économique", une définition correspondant parfaitement à celui qui est crédité d'avoir sauvé la zone euro en 2012 en pleine crise de la dette. Tout en lançant un appel à tous les partis politiques pour qu'ils soutiennent ce gouvernement, il a également exclu la tenue d'élections anticipées en pleine pandémie.

Ces déclarations sont intervenues juste après l'annonce que les consultations en vue de la reconduction de la coalition sortante menée par Giuseppe Conte, composée du Parti démocrate (PD, centre-gauche), du Mouvement 5 Étoiles (antisystème) et du petit parti Italia Viva (IV) de Matteo Renzi, avaient échoué.

"Paroles sages du président"

Pour Lorenzo Castellani, professeur en sciences politiques à l'université romaine Luiss interrogé par l'AFP, un gouvernement Draghi serait soutenu "assurément par (la droite de Silvio) Berlusconi, Renzi, le PD, les 5 Étoiles", soit l'assurance d'une majorité parlementaire.

Matteo Renzi s'est d'ailleurs empressé de saluer "les paroles sages du président de la République : encore une fois, nous nous reconnaissons dans sa conduite et nous agirons en conséquence". Le chef du PD, Nicola Zingaretti, s'est dit pour sa part "ouvert au dialogue pour le bien du pays".

Selon Lorenzo Castellani, "le programme de gouvernement sera à 99 % concentré sur la pandémie et le plan de relance européen", pour lequel l'Italie doit présenter des propositions à Bruxelles d'ici le 30 avril.

Discret, sérieux et déterminé

Mario Draghi, un homme affable de 73 ans réputé pour sa discrétion, son sérieux et sa détermination, est "une personne extrêmement bien préparée et déterminée", a commenté pour l'AFP Giuliano Noci, professeur de stratégie à l'école de commerce de Polytechnique à Milan. "Il serait certainement en mesure de sortir l'Italie de la crise, avec le soutien du pays et du Parlement."

"Le sens des responsabilités devrait le conduire à accepter" le mandat que souhaite lui confier le président, estime Lorenzo Castellani, ce qui devrait mettre fin à la crise politique qui ébranle la péninsule en pleine pandémie, qui a fait plus de 89 000 morts et entraîné la chute du produit intérieur brut de 8,9 % en 2020. Mario Draghi devrait toutefois "poser des conditions sur le choix des ministres et la définition du programme" de gouvernement, a-t-il précisé.

Avec AFP