En pleine canicule, les esprits s'chauffent l'Assemble sur l'nergie et le climat

Charlotte HILL
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Le ministre de l'Environnement Franois de Rugy l'Assemble Nationale le 25 juin 2019

Paris (AFP) - Alors que la canicule s'installe, les dbats sur le projet de loi nergie et climat s'annoncent muscls l'Assemble sur ce texte qui redonne "le cap d'une ambition forte" selon le gouvernement, mais doit oppositions et ONG, notamment sur les "passoires thermiques".

Port par le ministre de la Transition cologique Franois de Rugy, le projet de loi, qui devrait tre examin partir de mardi soir, prvoit d'atteindre la "neutralit carbone" l'horizon 2050 et dcrte l'"urgence cologique et climatique". Il dcale aussi de 10 ans, de 2025 2035, la rduction 50% de la part du nuclaire dans la production lectrique.

Un peu moins de 900 amendements sont au menu des dputs d'ici la fin de la semaine pour cet examen en premire lecture.

Alors que le gouvernement a annonc un acte II du quinquennat plus vert, ce projet de loi est vu comme un test de ses ambitions cologiques.

Franois de Rugy vante un rehaussement "drastique" des ambitions franaises en matire de neutralit carbone. Le pays devra diviser ses missions de gaz effet de serre au moins par six, et ce alors que l'pisode de canicule en cours est "une consquence concrte de l'effet de serre", selon le ministre.

Le texte prvoit aussi une baisse de 40% de la consommation d'nergies fossiles d'ici 2030 et doit permettre de fermer les dernires centrales charbon en 2022.

Mais les oppositions sont plus que rserves sur ce que certains ont dcrit comme une "petite loi". Mme l'alli du MoDem se dit "assez frustr" et certains "marcheurs" veulent muscler le texte.

La plupart des groupes, l'instar des UDI et indpendants ou des lus Liberts et Territoires, notent que "si la volont affiche est au rendez-vous, les moyens ne suivent pas".

Les Rpublicains, qui entendent notamment dfendre "la prservation de l'excellence nuclaire franaise" et ne veulent pas voir la filire "dmantele", dfendront d'emble des motions de renvoi et de rejet du texte.

Les trois groupes de gauche - PS, PCF et LFI - sont galement trs critiques d'un texte "creux par rapport un enjeu majeur" (PS) et avec des objectifs "gnraux et gnreux" mais sans les "outils" (PCF).

- "Bataille" sur les "passoires" -

Les associations environnementales craignent elles aussi que l'"urgence" inscrite par les dputs en commission ne soit "dj oublie".

Greenpeace, France Nature Environnement et encore Oxfam critiquent en particulier la trajectoire rvise sur le nuclaire et insistent fortement sur la rhabilitation nergtique des millions de btiments "passoires nergtiques" que compte la France. Et ce, alors que les btiments reprsentent 45% de la consommation d'nergie et un quart des missions.

L'ex-"marcheur" Matthieu Orphelin prdit une "grosse bataille" sur ce sujet et rappelle que l'interdiction de la location de ces "passoires" compter de 2025 tait "un engagement port par Emmanuel Macron dans la campagne prsidentielle".

Il dfendra des amendements en ce sens, comme la gauche mais aussi certains "marcheurs" dont Barbara Pompili, les MoDem comptant aussi faire des propositions.

Le gouvernement affiche, lui, sa volont de lutter plus efficacement contre les "passoires", celles ayant les tiquettes "F" et "G", ce qui concerne 7,5 millions de logement en France.

Mais il ne veut pas d'une interdiction pure et simple qui aurait "une dimension anxiogne" pour des personnes prcaires qui pourraient penser qu'on va les empcher d'accder un logement.

En commission, les dputs ont prvu, l'initiative notamment du rapporteur Anthony Cellier (LREM), une exprimentation partir de 2021 lors de la vente d'une "passoire": la consignation d'une part du montant de la vente pour financer des travaux de rnovation.

Pour le gouvernement, l'ide est bienvenue mais la formule devra tre retravaille pour notamment renforcer sa scurit juridique. Des "marcheurs" plaident aussi pour ne pas en rester ce dispositif.