En plein coronavirus, les gens ont débarqué en masse à Noirmoutier alors que c’est quasiment un désert médical

Hervé Boché

Je suis saunier depuis 12 ans à Lherbaudière sur l’île de Noirmoutier et adhérent de la coopérative de sel. Le lendemain de la première annonce d’Emmanuel Macron, quand la fermeture des écoles a été annoncée, nous avons assisté à un débarquement de résidents secondaires sur l’île, d’autant plus qu’il faisait beau. Nous ne nous attendions pas à ça.

Il faut savoir qu’à Noirmoutier, nous sommes en zone blanche: il s’agit quasiment d’un désert médical. L’île n’est pas structurée pour accueillir brutalement autant de population. Il y a un médecin d’ici qui s’est exclamé: “Mais ce n’est pas sérieux!”. En été, quand l’île passe de 10.000 à 100.000 habitants avec les estivants, c’est organisé, il y a un renfort de médecins qui est prévu. Il faut faire 30 minutes de voiture pour se rendre au premier hôpital, à Challans.

 

En été, quand l’île passe de 10.000 à 100.000 habitants avec les estivants, c’est organisé, il y a un renfort de médecins qui est prévu.

 

Alors deux mondes se sont percutés! Les îliens et les “Parisiens”! Ce sont les Parisiens qui trinquent mais en fait on veut parler des résidents secondaires en général, qui viennent des grandes villes et ont un fort pouvoir d’achat.

Face à cela, ce sont les personnes âgées de l’île qui se sont inquiétées en premier de voir le virus arriver, avec toute cette population qui avait été particulièrement exposée dans les grands centres urbains. En tant que population fragile, ils ont eu peur d’être contaminés. Les parents d’un ami par exemple prévoient de ne retourner faire leurs courses que dans 15 jours, quand tout sera plus calme et qu’on y verra plus clair au niveau des contaminations. Cela a provoqué une anxiété qu’il n’y avait pas avant.

Ce débarquement a aussi été la source d’anecdotes absurdes. À leur arrivée, les résidents secondaires ont filé dans les supermarchés pour faire le plein dans les maisons. Tout à coup certains rayons ont été dévastés, il n’y avait plus rien au rayon pâtes, excepté les pâtes...

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