Les vers plats, nouveaux envahisseurs de nos jardins

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En provenance d'Asie, d'Amérique du Sud ou d'Australie, ces espèces exotiques colonisent de plus en plus le sol français et européen. Deux d'entre elles viennent ainsi pour la première fois d'être repérées dans le Sud-Ouest et à Mayotte. Une menace pour l'équilibre écologique.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°902, daté avril 2022.

Un aspect gluant peu ragoûtant, une tête plate en forme de faucille sans bouche ni yeux visibles, un corps allongé et sinueux aux couleurs toxiques ? Pas de doute : il s'agit d'un plathelminthe ou ver plat. Deux nouvelles espèces viennent d'être décrites par Jean-Lou Justine et son équipe du Muséum national d'histoire naturelle, à Paris, et font l'objet d'une publication dans la revue PeerJ. Elles s'ajoutent à la liste déjà conséquente de ces envahisseurs venus d'ailleurs - Asie mais aussi Amérique du Sud ou Australie. Depuis une décennie, ils prennent en Europe et dans d'autres régions du monde une place de plus en plus considérable dans l'environnement, se nourrissant de leurs hôtes comme les escargots et vers de terre, dégradant par là même fortement l'équilibre du biotope local. . Mais, depuis, la situation s'est dégradée et la menace est aujourd'hui mondiale (lire l'encadré ci-dessous).

Le réchauffement, facteur aggravant

Si la mondialisation est propice à une dissémination des vers plats, le réchauffement planétaire en cours représente un autre facteur aggravant. "On commence à en retrouver un peu partout !" s'alarme Yoan Fourcade (université Paris-Est Créteil, IEES Paris) dans un article de Diversity and Distributions du 22 février. Afin d'estimer l'ampleur de la menace dans un contexte climatique changeant, le chercheur vient de modéliser les risques d'invasion à l'échelle du globe. Et si ces animaux n'ont pas encore colonisé l'ensemble des régions à risque, la situation pourrait drastiquement s'aggraver. "Les deux espèces les plus fréquemment introduites, à savoir Bipalium kewense et également celles qui pourraient tirer avantage d'un climat plus chaud", analyse-t-il. Par la suite, Yoan Fourcade espère pouvoir suivre des espèces durant plusieurs années afin d'estimer leurs propagations et évaluer l'impact de ces animaux carnivores sur les populations de vers de te[...]

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