Michel Platini président de la FIFA en 2019, faut-il y croire ?

Mis en cause par la justice suisse dans un rôle de témoin assisté, Michel Platini a été blanchi dans le cadre de l’affaire du « versement ». Va-t-il se présenter contre Infantino dans un an lors de l’élection FIFA ? Décryptage.

Michel Platini revient en jeu

Il le disait à ceux qui voulaient bien l’entendre. « Je suis innocent ». Certains en doutaient, mais il y a une chose sur laquelle les spécialistes se rejoignaient : le versement de 2 millions de francs suisses de la part de Blatter avait été instrumentalisé pour faire tomber le Français à quelques semaines de l’élection FIFA 2015, instrumentalisé par toux ceux qui ne le supportaient pas dans les bureaux de Nyon à l’UEFA, et à Zurich au siège de la FIFA.

“Ils m’ont tué pour que je ne sois pas président il y a quatre ans…”

Alors, l’ancien sélectionneur va-t-il pouvoir se présenter à l’élection pour la présidence de la FIFA en juin 2019 ? Les choses ne sont pas si simples, et Infantino fera tout pour l’en empécher. Quelques heures après l’heureuse nouvelle, le Français y allait de son premier tacle : « Pour l’instant, c’est à la FIFA et à la Commission d’éthique de prendre une décision à la lumière de ces éléments nouveaux. Je pense qu’ils doivent forcément voir ça d’un mauvais œil, parce qu’il y a des élections dans un an. Et vu qu’ils m’ont “tué” pour ne pas que je sois président il y a quatre ans… Mais je n’en sais pas plus car je n’ai plus de contact avec personne à la FIFA ».

Au-delà de l’annonce de la justice suisse, se joue autre chose : une confrontation Platini – Infantino. L’ancien numéro 10 des Bleus n’a jamais digéré la manière dont son ancien bras droit l’avait abandonné, sans le moindre mot de remerciement lors de son discours d’investiture le jour de son élection à la tête de la FIFA. Platini ne lui a jamais pardonné la trahison, et selon nos informations, comptait régler ses comptes le moment venu, en sortant des « dossiers » sur l’Italo-Suisse. D’après nos sources, plusieurs dossiers pourraient gêner « Gianni » : les soupçons de corruption autour de l’attribution de l’EURO 2012, son implication dans les « Panama Papers » accordant, en 2006, des droits télévisés de la Ligue des champions à une société offshore, sans oublier la manière dont il a fait le « ménage » dans les commissions FIFA…

Vers un duel Platini-Infantino ?

Platini – Infantino, proches puis ennemis, et le Président de l’instance ne compte lui faire aucun cadeau. La FIFA a d’ailleurs déjà réagi ce matin, alors que l’organe du football mondial prend habituellement du temps, beaucoup de temps à juger et communiquer : « M. Platini a été suspendu pour violation du code d’éthique. La décision a été maintenue par le Tribunal arbitral du sport qui a confirmé les accusations mais a réduit la durée de la suspension », n’oubliant pas de rappeler que la décision du TAS a été confirmée par la Cour suprême suisse. Histoire de bien enterrer les espoirs de retour du Français, question de timing, sa suspension se terminant en octobre 2019… 4 mois après la prochaine élection FIFA !

Avec ses projets plus « démagos » les uns que les autres (Mondial à 48, création d’une Ligue mondiale des nations, d’un Mondial des clubs à 24…) , Infantino pensait être réélu dans un « fauteuil », mais il faudra compter son ami de 20 ans pour lui bloquer la route. L’entreprise de démolition peut démarrer, et le prochain objectif de Platini sera de se rapprocher des confédérations (Europe, CONCACAF, Afrique, Amérique du Sud…) car aucun homme n’a été élu sans le soutien massif des grands pays de football.

Antoine GRYNBAUM