Plaques de Lippmann : lumière sur l'une des premières techniques de photographie couleur tombée dans l'oubli

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Une équipe de chercheurs de l'EPFL, à Lausanne, a exhumé des réserves des musées plusieurs "plaques de Lippmann", qui comptent parmi les toutes premières photographies couleur au monde. Son but : mieux comprendre cette technique de génie qui au 19e siècle fut rapidement abandonnée pour des méthodes plus simples d'accès.

En 1848, Edmond Becquerel réalise pour la première fois une photographie avec toutes ses couleurs : . Mais sa méthode est encore bien fragile. Dès lors qu’elle est exposée à la lumière, son image perd rapidement sa teinte. Près de vingt ans plus tard, le 7 mai 1869, Louis Ducos du Hauron et Charles Cros présentent tous les deux, séparément, une autre technique destinée à immortaliser le plus fidèlement possible le monde tel que le voient nos yeux : celle-ci s’appuie sur (avancé par le physicien écossais James Clerk Maxwell en 1855 dans un article sur la vision des couleurs) et consiste, dans les grandes lignes, à superposer directement trois positifs pour obtenir toutes les couleurs sur l’image ainsi fusionnée. C’est précisément la méthode qui est encore utilisée dans l’imprimerie, par exemple.

En parallèle de la trichromie, une autre technique de photographie en couleurs est développée à la fin du 19e siècle par un physicien franco-luxembourgeois du nom de Gabriel Lippmann : l’imagerie multispectrale, pour laquelle il remporte le prix Nobel de physique en 1908. Là où la trichromie, comme son nom l’indique, enregistre seulement trois mesures de la lumière (le rouge, le bleu et le vert), l’imagerie multispectrale, elle, capture 26 à 64 échantillons spectraux d’informations dans le spectre visible. Une véritable prouesse technique pour l’époque, où il restait encore presque tout à apprendre des bases de l’optique et, plus généralement, de la physique elle-même.

Trop sophistiquée pour durer

Malgré son génie, la technique de photographie couleur de Lippmann tomba rapidement dans l’oubli. Et pour cause, sa complexité, rebutante pour le grand public, ne permit jamais sa démocratisation. Lippmann ne commercialisa donc jamais son procédé, mais il collabora avec les frères Lumière, notamment pour la mise au point du "ALL Chroma". Ainsi, s’il subsiste aujourd’hui un certain nombre de "plaques de Lippmann", elles restent des objets rares et méconnus, bien à l’abri dans les so[...]

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