Plantu, le dessinateur du «Monde», se retire et passe le relais

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C’est ce vendredi 31 mars que paraît le dernier dessin de Plantu à la Une du Monde, dans l’édition datée de demain, le 1er avril. Mais ce n’est pas une blague. Le célèbre dessinateur, qui vient de fêter ses 70 ans, avait annoncé au début de l’année qu’il ferait valoir ses droits à la retraite, après 49 ans de carrière au Monde, dont une trentaine en première page.

C’est une page qui se tourne, à la Une du Monde. Mais ce dernier dessin, Plantu lui-même le vit presque comme un soulagement. « Être toujours considéré, toujours reçu comme le-dessinateur-du-journal-Le-Monde, j'en suis fier, mais ce n'est pas facile à porter. C'est une responsabilité colossale, parce qu'il n'est pas question de décevoir les lectrices et lecteurs. Il faut être à la hauteur de tout ce qu'on raconte. »

Le collectif Cartooning for peace reprend le crayon

Pour marquer le coup, le journal publie aussi un supplément de huit pages retraçant les cinq décennies de Jean Plantu au Monde. Une carrière entamée en 1972, en pleine guerre du Vietnam, avec un dessin de colombe. Treize ans plus tard, c’est André Fontaine, alors directeur du quotidien, qui impose le dessinateur à la Une.

« Le directeur se battait auprès de certains qui freinaient, au sein du journal. Il récupérait mes dessins dans une corbeille et il disait 'vous voyez ce dessin-là, je le veux à la Une'. »

Et aujourd’hui, Plantu passe le relais aux dessinateurs de Cartooning for peace, l’organisation qu’il a créée il y a 15 ans. Ils seront une soixantaine à se relayer à la Une du Monde. « Ce sera très vivant et ça donnera un éclairage nouveau sur les opinions dans le monde entier, que ce soit une Vénézulienne le lundi, une Russe le mardi, un Américain le mercredi... Ça a de la gueule, je trouve. »