Comment le plancton a changé après la Seconde guerre mondiale

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Les pollutions de la Deuxième guerre mondiale et de l’activité agricole intensive de la rade de Brest après les années 1940 ont complètement modifié les populations locales de plancton, favorisant des espèces toxiques, selon une étude de paléogénétique menée par l’Ifremer.

La rade de Brest est aujourd’hui en pleins travaux. Un nouveau quai de chargement de 400 mètres de long va servir à la logistique nécessaire à la construction des éoliennes offshore et à leur maintenance. Ce polder de 12 hectares ne risque-t-il pas de favoriser les efflorescences de la micro algue toxique Alexandrium minutum, un véritable fléau pour les conchyliculteurs de la rade ? C’est la question qu’a posé en 2017 à , le Conseil régional de Bretagne propriétaire du port de Brest depuis 2007 et le Service Ingénierie de la Direction des Ports de la Région Bretagne responsable des travaux du polder. Cette investigation menée dans le cadre du projet "Paléoécologie d’Alexandrium minutum en rade de Brest" (Palmira) a accouché d’un résultat scientifique étonnant publié dans : c’est l’impact de l’homme après la Seconde guerre mondiale qui a fait prospérer Alexandrium minutum.

Pour répondre à la question de base, les chercheurs ont voulu connaître l’historique de la prolifération de cette espèce toxique. "Nous avons procédé à trois carottages dans la rade que nous avons découpé centimètre par centimètre en procédant immédiatement à l’analyse d’ADN ancien des communautés de plancton, expose Raffaele Siano, chercheur en écologie moléculaire du plancton marin à l’Ifremer Brest et principal auteur de l’article. Nous avons ainsi pu reconstituer l’évolution de ces communautés jusqu’au Moyen Age, il y a 1.400 ans". Le résultat est spectaculaire. Jusque dans les années 1940-50, les différents genres de dinoflagellés et de protistes cohabitent et les espèces toxiques sont minoritaires. Et après, les pollutions de la Deuxième guerre mondiale et le progressif développement des activités agricoles sur la zone côtière de la Rade de Brest tout change. Le dinoflagellé Alexandrium minutum est devenu progressivement plus abondant dans la Rade, provoquant, à l’occasion de ses efflorescences régulières, des interdictions de vente des coquillages. Absorbé par les huîtres, il les rend impro[...]

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