Le plan néerlandais de réduction d’azote provoque la colère des producteurs

Comme tous les éleveurs et agriculteurs néerlandais, Jan Arie Koorevaar est en plein désarroi. Ce producteur laitier, près de Rotterdam, est abattu par le plan présenté début juin par le gouvernement. Les autorités veulent réduire de 50% d'ici 2030 les émissions d'azote et d'ammoniac afin de lutter contre le changement climatique.

A la tête de son exploitation de 120 vaches sur 95 hectares, Jan Arie Koorevaar ne sait plus quoi faire.

"Ma ferme est en conversion bio. Donc on pourrait dire que je fais tout bien. Et pourtant je suis en plein doute. Je ne sais pas si j'ai fait assez. Selon moi, j'ai fait de bonnes choses mais je ne sais pas si c'est suffisant. Et tous les exploitants actuellement se demandent s'ils ont fait assez ou non", explique-t-il.

Spencer Ransson / Euronews
La production laitière est particulièrement concernée par le plan du gouvernement néerlandais - Spencer Ransson / Euronews

Avec ses 53 000 exploitations et une production intensive, les Pays-Bas sont le deuxième exportateur agricole au monde. 10% de l'activité économique nationale dépend directement et indirectement de ce secteur.

Si le plan est appliqué à la lettre, des fermes devront réduire jusqu’à 70% leurs émissions, voire plus selon certaines estimations. Autrement dit, cela pourrait être la fin pour des exploitants. L'effort vise en partie à diminuer les cheptels, grand émetteur d'azote en raison du fumier et des fertilisants artificiels utilisés.

"Tous les exploitants risquent l'expropriation en ce moment. C'est une situation ridicule. Ils ne font pas attention à moi, ils se concentrent sur la réduction d'azote. Et un algorithme dessine une carte qui dit : OK eh bien Jan Arie tu devras diminuer tes émissions de 47%, un autre fermier 70% et encore un autre 95%", dénonce Jan Arie Koorevaar.

Des manifestations se sont multipliées ces dernières semaines pour dénoncer le plan gouvernemental. Certaines ont entrainé des affrontements avec les forces de police. Le principal syndicat agricole, LTO, a pris ses distances avec ces débordements mais il conteste le projet des autorités.

Thibault Camus/ AP Photo
Les agriculteurs néerlandais perturbent la ciruclation - Thibault Camus/ AP Photo

"Les objectifs du gouvernement sont irréalistes. Une baisse de 50% d'ici 2030 va non seulement détruire l'agriculture aux Pays-Bas mais aussi tout le tissu social, économique et culturel des campagnes", explique le porte-parole de LTO Wytse Sonnema.

Malgré ces nouvelles exigences, Jan Arie Koorevaar ne compte pas baisser les bras. Il tient son exploitation de son père et dit encore exercer l’un des plus beaux métiers du monde.

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