Plan anti-radicalisation: Esther Benbassa juge "insupportable" l'idée de "détection" dans les écoles

Alexandre Boudet
Plan anti-radicalisation: Esther Benbassa juge

POLITIQUE - Avec sa collègue UDI Catherine Troendlé, Esther Benbassa a reçu mi-février le titre de sénatrice de l'année 2017. Les deux parlementaires ont été saluées par le jury du Trombinoscope pour leur mission d'information "sur le désendoctrinement, le désembrigadement et la réinsertion des djihadistes en France et en Europe".

Dans ce précieux document remis au coeur de l'été, elles avaient pointé "le fiasco" des politiques lancées par les précédents gouvernements.

C'est pour y remédier que ce vendredi 23 février, Édouard Philippe a présenté un nouveau plan. Quelques instants plus tard, la sénatrice écologiste de Paris a livré au HuffPost son sentiment général. "On ne peut même pas dire qu'on reste au milieu du gué", se désole Esther Benbassa, très déçue et même gênée par certains dispositifs annoncés.

Quel regard portez-vous sur ce nouveau plan?
Chaque gouvernement fait des déclarations, c'est à la mode mais ça ne va jamais jusqu'au bout. Beaucoup de choses sont de l'affichage. Je regrette globalement que la montagne accouche d'une souris. Le pire est que l'on va dans le sens de la méfiance que les Français nourrissent aujourd'hui les uns envers les autres. L'autre jour, notre ennemi numéro un c'étaient les migrants, aujourd'hui ce sont les musulmans.

C'est le volet prévention qui vous dérange?
Que l'on forme les professeurs, les forces de l'ordre et les éducateurs sportifs à voir ce qui peut encourager l'entrée en violence de certains jeunes ou ce qui peut les conduire à adhérer à une idéologie terroriste, pourquoi pas. J'ai en revanche un gros problème avec l'idée de détection. Ce mot est insupportable. Cette détection est très difficile si l'on ne connaît pas intimement les personnes. Moi-même, j'ai été enseignante dans le secondaire et je sais que l'on part de tellement loin car il y a une méconnaissance des religions. Le risque est d'entrer dans une société du soupçon.

Pourquoi dites-vous cela?
Prenons l'exemple de certains signes extérieurs de...

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