Plan anti-pauvreté en France: Castex cible l'insertion, les associations s'agacent

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En France, le gouvernement a annoncé ce samedi 24 octobre de nouvelles mesures en faveur des plus précaires, pour plus de 700 millions d'euros. En déplacement dans un centre d'hébergement d'urgence d'Emmaüs, à Épinay-sur-Orge, le Premier ministre, Jean Castex, a axé son intervention sur l'insertion par le travail.

Le gouvernement avait déjà annoncé, au cours des deux dernières semaines, un soutien monétaire aux plus fragiles, d'un coût de 1,1 milliard d'euros. Il y aura 150 euros pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et pour les chômeurs longues durée. Il y aura 100 euros par enfants pour les bénéficiaires d'aides au logement. Ce seront 150 euros qui seront aussi alloués aux jeunes qui touchent les aides aux logements et les étudiants boursiers, soit 1,3 million de jeunes au total.

Dans un centre d'hébergement d'urgence d'Emmaüs, à Épinay-sur-Orge, dans l'Essonne, le Premier ministre Jean Castex a détaillé de nouvelles mesures pour encourager l'insertion par l’emploi. Il a annoncé que « 30 000 postes supplémentaires dans les structures de l’insertion par l’activité économique (IAE) seront créés d’ici 2022 ». Ces postes « viendront s’ajouter aux 240 000 qui est notre objectif d’ici la fin du quinquennat », a-t-il poursuivi.

Allonger le temps passé dans les structures d’insertion

« Nous allons allonger de 12 mois le temps passé dans ces structures de l’insertion par l’activité économique, parce qu’on sait bien qu’en période de chômage et de difficultés, la sortie est plus difficile. Donc, nous allons prendre en compte cette situation à hauteur de 24 mois maximum pour éviter aussi ce qu’on appelle les sorties sèches de l’IAE », a-t-il ajouté.

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Le gouvernement compte dans le même temps renforcer l'accès au logement et à l'hébergement d'urgence. « Nous allons aussi ouvrir 1500 nouvelles places d’hébergement, notamment pour les femmes sortant de maternité et qui sont sans solutions car c’est un sujet que les associations ont particulièrement pointé devant nous ».

Jean Castex a par ailleurs annoncé l'ouverture de la campagne hivernale pour aider les sans-abris dès le 18 octobre, avec deux semaines d'avance.

Des annonces insuffisantes pour les associations

Les associations de lutte contre la pauvreté ont aussitôt critiqué l'insuffisance de ces annonces, regrettant que le gouvernement se refuse toujours à augmenter les minima sociaux.

Pour Christophe Devys, qui préside le collectif Alerte regroupant 35 fédérations et associations nationales de solidarité, ces mesures sont certes « bienvenues ». Mais le gouvernement reste, selon lui, campé sur une « position idéologique », en refusant d'augmenter les minima sociaux, pour préférer des aides à l'insertion par l'emploi. Cette revalorisation, a-t-il souligné, est d'autant plus nécessaire que le RSA n'atteint plus aujourd'hui que 39% du SMIC, contre 50% en 1988, au moment de la création du RMI, l'ancêtre du RSA.

La réaction d'ATD Quart Monde, membre du collectif Alerte, a été encore plus vive, face à des « mesures pansements, déconnectées de la vie des gens ». Selon cette association, les choix de l'exécutif relèvent d'un « mépris » et d'une « logique éculée consistant à opposer les “bons pauvres”, à qui l'on donnerait un coup de pouce pour les aider à retrouver le marché de l'emploi, et les “mauvais pauvres”, à qui l'on distribuerait des miettes ».