La planète Saturne chavire à cause de ses lunes

·2 min de lecture

Une équipe d’astronomes et de mathématiciens a découvert que la géante aux anneaux bascule depuis un milliard d’années sur son axe. Un phénomène imputable à ses satellites naturels, en particulier Titan, qui s’en éloignent inexorablement.

Saturne, sixième planète du système solaire située à 1,3 milliard de kilomètres de la Terre, n’est pas figée sur son axe. Le phénomène est certes imperceptible sur de petites échelles de temps mais la géante aux anneaux bascule inexorablement, l’angle formé entre l’équateur et son plan orbital –appelé aussi "obliquité", et qui s’élève actuellement à 26,7°– n’ayant cessé de croître depuis plusieurs centaines de millions d’années. Or ce basculement est causé par les lunes de Saturne, qui s’en éloignent peu à peu ! Le phénomène a été mis en évidence par Melaine Sailenfest et Gwenaël Boué, astronomes à l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides de l’Observatoire de Paris et du CNRS, ainsi que Giacomo Lari, mathématicien à l’université de Pise en Italie. Leurs travaux ont été publiés en janvier dans la revue .

L'axe de Saturne aurait basculé et serait relativement stable depuis

"Ces résultats remettent en question le scénario établi jusqu’alors", souligne un du CNRS. Les scientifiques pensaient en effet que l’obliquité de Saturne résultait d’un processus survenu il y a plus de quatre milliards d’années, peu après la formation du système solaire, lorsque les jeunes planètes – les géantes notamment – avaient connu d’importantes migrations décrites par les modèles dit "de Nice" et du "Grand Tack" (ou grand virement de bord) à partir du milieu des années 2000. En interagissant avec la course de la planète Neptune (on parle de résonance), l’axe de Saturne aurait ainsi basculé et serait relativement stable depuis lors.

Des données fournies par la sonde Cassini

Or des mesures récentes invalident ce scénario. Elles montrent que les satellites de Saturne, et notamment Titan le plus massif d’entre eux, dont le diamètre est 6% plus important que celui de la planète Mercure, s’éloignent de la géante gazeuse à une vitesse beaucoup plus rapide qu’on ne le pensait : 11 centimètres par an, selon les recueillies par la défunte sonde Cassini de la Nasa. "En intégrant [...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi