Plaintes contre un hôpital vosgien: la fille d'une patiente décédée demande à "arrêter ce massacre"

Charlotte Zanin, fille d'une patiente décédée en 2018 à l'hôpital Remiremont dans les Vosges - BFMTV
Charlotte Zanin, fille d'une patiente décédée en 2018 à l'hôpital Remiremont dans les Vosges - BFMTV

"On espère que lumière soit faite." Charlotte Zanin, fille d'une patiente décédée d'un arrêt cardiaque en 2018 à l'hôpital Remiremont, dans les Vosges, a confirmé ce mercredi que son père et elle allaient porter plainte pour "homicide involontaire" contre le centre hospitalier.

Quatre ans plus tôt, le 5 décembre 2018, la mère de Charlotte Zanin est admise aux urgences pour de violentes "douleurs au ventre", raconte-t-elle. Après "au moins 7 heures d'attente", le personnel hospitalier lui diagnostique une pancréatite "de stade 3" et lui trouve une place dans le service de médecine générale.

Contre toute attente, la femme de 51 ans meurt d'un arrêt cardiaque trois jours après son admission à l'hôpital de Remiremont. Sur place, personne ne peut donner de réponse précise aux questions de la famille Zanin, ni même l'heure ou la cause du décès de la mère de famille.

"On a rencontré ce médecin qui s’est effondré en disant: 'Je ne sais pas'. Il s’est mis à pleurer devant mon père", a-t-elle confié sur notre antenne.

"Ils détruisent des familles entières"

L'avocate de Silvio Zanin, Maître Nancy Risacher, a indiqué à BFMTV.com que la plainte pour homicide involontaire sera déposée dans le courant de la semaine. Une décision prise après avoir remarqué "des similitudes" dans le cas d'autres patients décédés dans cet hôpital, notamment une dame, elle aussi mystérieusement morte d'une pancréatite.

"Ce n'était plus possible, on veut que lumière et justice soient faites", a confié Charlotte Zanin.

La jeune femme a même demandé que "cette aile de l’hôpital qui manque de moyens" soit temporairement fermée afin d'"arrêter ce massacre". "Ils détruisent des familles entières", a-t-elle ajouté. Par exemple, le jour de la mort de sa mère, une seule infirmière s'occupait de 24 patients tandis que "le médecin était à bout de force", selon elle.

Contacté début décembre par BFMTV.com, le directeur de l'hôpital, Dominique Chauveau, reconnaissait "des erreurs de communication" avec les familles des victimes. Il a déclaré que "rien ne nous permet d'analyser une faute quelconque du service public hospitalier", auprès de nos confrères de Franceinfo.

D'autre plaintes en perspective

Cette plainte s'ajoutera ainsi aux trois dossiers précédents déjà en cours, que nous annoncions mi-décembre.

"Hélas, ce n'est pas fini", a glissé ce mercredi à BFMTV.com l'avocate qui est en train d'étudier les dossiers d'autres familles pour des faits similaires et qui pourraient à leur tour décider de déposer plainte.

Une cinquième plainte vise déjà l'hôpital de Remiremont pour une erreur de diagnostic. Un scanner effectué au centre hospitalier n'aurait pas relevé la fracture de dix côtes d'un patient "dont il subit à ce jour les conséquences, notamment au niveau des poumons", a déclaré son avocate.

Article original publié sur BFMTV.com