La plainte visant Eric Dupond-Moretti classée sans suite

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Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti visé par une plainte de l'avocate Nathalie Tomasini (Photo: AFP / Getty)
Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti visé par une plainte de l'avocate Nathalie Tomasini (Photo: AFP / Getty)

JUSTICE - La plainte déposée par Nathalie Tomasini pour “menaces” et “violences psychologiques” à l’encontre d’Éric Dupond-Moretti a été classée sans suite, a annoncé au HuffPost la procureure de la République Dominique Paugam-Puechmaille ce mercredi 6 octobre.

Comme l’avait révélé Le HuffPost, la plainte déposée le 21 septembre dernier vise des faits qui se seraient déroulés entre les 10 et 14 février 2020 lors d’un procès à la Cour d’assises d’Évreux.

Nathalie Tomasini y rapporte qu’Éric Dupond-Moretti “a tenu des propos extrêmement dénigrants et violents” à son encontre et à celle de l’avocate Janine Bonaggiunta tels que ”hystériques”, “saloperies de putes”, “hontes du barreau” ou encore “commerçantes du malheur”. Des faits fermement démentis par le Garde des Sceaux le 22 septembre dernier, par la voix de son entourage, assurant faire “l’objet d’une tentative de chantage”.

Aucun incident évoqué lors du procès

Interrogée par Le HuffPost, la procureure invoque deux raisons pour motiver le classement sans suite. La première: “aucun incident n’était mentionné au procès-verbal des débats du procès”.

Le 22 septembre dernier, le ministre Dupond-Moretti s’était d’ailleurs étonné auprès de l’AFP que sa consœur “n’ait pas immédiatement signalé” les faits au président de la cour d’assises, au bâtonnier local et à son bâtonnier. Nicole Tomasini avait rétorqué avoir déposé une plainte déontologique auprès du conseil de l’ordre des avocats dès mars 2020 et avoir attendu la fin d’un autre procès médiatique en juin 2021, pour porter plainte au pénal.

La procureure indique ensuite avoir pris cette décision de classement, car les faits, s’ils étaient avérés, seraient de toute façon prescrits. “La qualification retenue ne pouvant être à mon sens, que celle d’injures, les faits allégués datant de février 2020 sont prescrits”.

“Je m’interroge sur la rapidité du dit classement”

Dans un communiqué, Nathalie Tomasini déplore ce classement sans suite et s’étonne de la rapidité avec laquelle la procureure a pris sa décision. “D’une part, je m’étonne qu’Éric Dupont-Moretti (Garde des Sceaux) soit
informé de ce classement avant même que je ne le sois en tant que
victime !...”, écrit-elle, avant d’ajouter: “D’autre part, je m’interroge sur la rapidité dudit classement, soit 15 jours à peine après mon dépôt de plainte !... Surtout quand on connait les délais habituels d’enquête suite aux plaintes déposées pour violences qui sont de l’ordre de plusieurs mois voire années”, écrit-elle.

“Ce qui était important pour moi comme pour toutes les victimes, c’est que j’ai osé dire ce qui s’était réellement passé et que je suis fière d’avoir été en cohérence avec les principes que je défends”, conclut-elle. Elle réfléchit à déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile devant un juge d’instruction pour relancer l’affaire.

À voir également sur Le HuffPost: Féminicide de Mérignac: Dupond-Moretti rappelé à l’ordre après un échange tendu au Sénat

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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