Plainte de Médine: victime de menaces et d'insultes, Aurore Bergé va à son tour porter plainte

Esther Paolini
·3 min de lecture
La députée LaREM Aurore Bergé à l'Elysée, le 25 novembre 2017 - Ludovic MARIN / AFP
La députée LaREM Aurore Bergé à l'Elysée, le 25 novembre 2017 - Ludovic MARIN / AFP

"La justice n'est pas un bâillon", a affirmé Aurore Bergé sur le plateau de Cnews de jeudi. La députée de la majorité réagissait à la plainte pour diffamation déposée à son encontre par le rappeur Médine, qu'elle avait qualifié de "rappeur islamiste". L'élue des Yvelines a par ailleurs annoncé qu'elle allait déposer plainte après avoir reçu des menaces et des messages d'insultes sur les réseaux sociaux.

Pas d'excuses

Mardi, le rappeur Médine a annoncé à Mediapart porter plainte en diffamation contre Aurore Bergé, celle-ci ayant affirmé lors d'un débat télévisé sur "l'islamo-gauchisme" qu'il "appelait au meurtre" dans ses chansons et qu'il était un "rappeur islamiste".

Dans la foulée, il a publié sur Twitter une preuve de dépôt de sa plainte avec constitution de partie civile auprès du tribunal judiciaire de Paris, du chef de diffamation publique la visant directement.

"Je ne présenterai pas d'excuse", a réagi sur le plateau de CNews la députée.

"Par naïveté, par complaisance, par clientélisme, on a permis que ces théories puissent prospérer dans ce pays. La seule chose que je dis c'est qu'on ne devait pas accepter cet entrisme (de l'islamisme, NDLR) à l’université ou dans nos grandes écoles, puisqu’il avait été invité à faire une conférence alors qu’il avait appelé dans ses paroles de chanson, je cite, 'crucifier les laïcards'", a-t-elle expliqué, ajoutant qu'à ses yeux cette parole est un "appel au meurtre".

Des "dérives extrêmement graves"

"Ma liberté d'expression, ma responsabilité en tant que députée est de dénoncer ces dérives extrêmement graves", a-t-elle poursuivi.

L'artiste originaire du Havre n'a pas tardé à réagir sur Twitter, en rétorquant: "La force de la culture face à la culture de la force."

Un peu plus tard dans la journée, Aurore Bergé a partagé sur son compte des captures d'écran de messages reçus depuis l'annonce du dépôt de plainte du rappeur. L'élue a reçu plusieurs messages d'insultes et des menaces à l'encontre de sa famille.

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"Faisant depuis 72h l'objet d'un flot ininterrompu de centaines d'insultes, d'intimidations et de menaces, je porterai plainte de manière systématique", a-t-elle prévenu.

Gérald Darmanin, Marlène Schiappa ou encore Christophe Castaner lui ont apporté son soutien.

Un "oxymore"

Médine est régulièrement accusé à droite et à l'extrême droite de complaisance envers l'islamisme. Il avait annulé en 2018 des concerts prévus au Bataclan après des demandes en ce sens de proches de victimes et de mouvements d'extrême droite.

Concernant son appel à "crucifier les laïcards", il s'était expliqué sur le plateau d'Arrêt sur images en 2016, assurant qu'il s'agissait d'un "oxymore":

"Il ne s'agit pas de crucifier à proprement dit les laïcards. Il y a un déroulé d'absurdités, d'oxymores jusqu'à la fin du morceau, qui amène vers l'exorcisme de la laïcité. Et c'est ça qui est le plus important. Parce qu'à la fin, je rappelle que la laïcité est possédée par un certain nombre de gargouilles de la République", avait-il expliqué.

Article original publié sur BFMTV.com