Dans sa plaidoirie, la défense de Jonathann Daval parle du "coup de sang" d'un "homme ordinaire"

S. V.
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Randall Schwerdorffer, l'un des avocats de Jonathann Daval, le 21 novembre 2020 à Vesoul - PATRICK HERTZOG © 2019 AFP
Randall Schwerdorffer, l'un des avocats de Jonathann Daval, le 21 novembre 2020 à Vesoul - PATRICK HERTZOG © 2019 AFP

Le meurtre d'Alexia Fouillot, pour lequel comparaît devant les assises de la Haute-Saône son mari Jonathann Daval, est la conséquence du "coup de sang" d'un "homme ordinaire", a estimé samedi l'un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer, mettant en garde contre une "boucherie judiciaire".

Ce meurtre n'était "pas prémédité, pas réfléchi, c'est ce qu'on appelle 'un coup de sang'", a lancé d'une voix de stentor Me Randall Schwerdorffer, l'un des trois avocats de Jonathann Daval, qui a plaidé une violente dispute entre les deux époux.

"Il n'y a pas préméditation: on vous ment, on vous trompe"

Son client "est passé d'un homme gentil, aimé à un meurtrier en quelques minutes", a-t-il ajouté lors d'une plaidoirie musclée.

"Il n'y a pas préméditation: on vous ment, on vous trompe", a-t-il encore lancé, en référence aux thèses de la parties civiles. "Il n'a pas été renvoyé pour assassinat", a-t-il ajouté, exhortant encore les jurés à ne pas suivre l'avocat général qui avait réclamé un peu plus tôt la réclusion criminelle à perpétuité, "peine d'élimination sociale" selon Me Schwerdorffer.

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"La perpétuité c'est une peine qu'on prononce pour les criminels les plus dangereux de la société: Francis Heaulmes, tueur d'enfants, Michel Fourniret, Marc Dutroux, Guy Georges... Quel est le point commun avec Jonathann Daval ? Aucun. Si, la médiatisation", a poursuivi Me Schwerdorffer, qui a arpenté la cour d'assises devant les jurés. "L'avocat général (Emmanuel Dupic) a requis dans le cadre d'un réquisitoire fait pour plaire à la France entière. Ce n'est pas mon problème", a-t-il ajouté.

"Jonathann est effectivement un criminel"

"Jonathann est effectivement un criminel. Il ne le conteste pas, vous allez le juger. Mais un jugement ce n'est pas une vengeance. Ce qu'on vous réclame, sur les bancs des parties civiles, c'est une vengeance, à cause des médias, des mensonges, parce qu'il a trahi ses beaux-parents (...) Tout ce qui fait l'affaire Daval, c'est la médiatisation", a-t-il insisté.

Il a également mis en garde contre la piste d'un viol post mortem de la jeune femme par son mari, également évoquée par les parties civiles : "on vous parle de justice, c'est de la boucherie judiciaire", a-t-il tonné.

Après la plaidoirie de Me Schwerdorffer et la pause déjeuner, Jonathann Daval prendra la parole une dernière fois avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. Le verdict est attendu en fin d'après-midi ou dans la soirée.

Article original publié sur BFMTV.com