"Place publique" : la petite musique Jaoui-Bacri en roue libre

Jacky Bornet
La collaboration Agnès Jaoui-Jean-Pierre Bacri ne date pas d'hier. "Cuisine et dépendances", d'après leur pièce commune fut le lancement d'une formidable créativité : "Un air de famille", "Le Goût des autres", "Au bout du conte" demeurent parmi les meilleures comédies. "Place publique" est dans la continuité d'une écriture ciselée, où le comique de dialogue domine. Mais c'est aussi sa limite.

Un air de théâtre

Habitués des médias Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri brocardent les "leaders d'opinion". Le cadre du film est une crémaillère fêtée chez une productrice de télévision qui a invité un animateur vedette, Castro (Jean-Pierre Bacri) et son ex-compagne (Agnès Jaoui). Le premier, la soixantaine, se sent sur la brèche et à deux doigts d'être remplacé. C'est autour de lui que le film s'organise. Tout de noir vêtu, il renvoie à Thierry Ardisson et sa "moumoute" à PPDA. Les passes d'arme sont nombreuses et savoureuses, mais l'on tourne un peu en rond.

Cette réception en huis-clôt très animée, entre pelouse et intérieur, rappelle beaucoup "Cuisine et dépendances" dans la forme, en raison de ces va-et-vient constants. Avec ses dialogues choisis, "Place publique" a un petit air théâtral, plus que cinématographique. C'est souvent le cas chez les Jaoui-Bacri, et c'est loin d'être un reproche. Toutefois, un peu plus de cinéma ne ferait pas de mal, d'autant que si le style est bien là, il ne se renouvelle guère.

Seconds rôles ?

On peut compter sur Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, acteurs chevronnés, pour être à la hauteur des rôles qu'ils se sont écrits. Tout comme Léa Drucker est parfaite en Nathalie, productrice et hôtesse de cette réception. En revanche les seconds rôles sont un peu négligés. Ils existent bien : Samantha (Sarah Suco), la serveuse fan de selfies, Pavel (Miglen Mirchev), le compagnon de Nathalie, ou Vanesssa (Héléna Noguerra), la compagne de Castro, voire Biggistar (Yvick Letexier), star montante auprès des jeunes... S'ils sont nombreux, ces subalternes semblent plus relever du remplissage, que d'une nécessité. Alors que les seconds rôles doivent soutenir les premiers, les relancer au service de la dramaturgie.

Une faute d'écriture, alors que c'est sur ce point que l'on attend Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Cette erreur dévalorise "Place publique" par rapport à leurs précédentes réussites. Ce qui ne signifie pas un ratage (...)

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