Pizzas contaminées Buitoni: des traces de la bactérie E.coli identifiées dès 2021

Pizza Buitoni dans un rayon - RMC
Pizza Buitoni dans un rayon - RMC

Des traces de la bactérie E.coli détectées dès août 2021. L'émission Envoyé Spécial diffusée jeudi soir sur France 2 est revenue sur le scandale Buitoni de mars 2022, lors duquel la marque avait massivement rappelé ses pizzas Fraîch'Up, contaminées par la bactérie E.coli. Une cinquantaine d'enfants avaient été particulièrement malades après avoir été infectés, et deux étaient même morts des suites de l'intoxication.

L'enquête était remontée jusqu'à l'usine Nestlé de Caudry (Nord), d'où les pizzas contaminées provenaient. Depuis, le groupe nie être responsable de ces intoxications, assurant ne pas avoir détecté la bactérie lors de ses contrôles d'hygiène.

Mais l'enquête d'Envoyé Spécial a diffusé un document interne confidentiel qui prouve le contraire. Daté du 12 septembre dernier, on peut y lire que la bactérie E.coli avait été détectée en août 2021 dans de la farine du site Buitoni de Caudry.

Un "risque énorme pour la santé de tous les consommateurs français"

"Le groupe n'a pas cru bon de devoir informer les autorités françaises de ce risque énorme pour la santé de tous les consommateurs français, mais a continué à produire sciemment en mettant en danger tous les consommateurs", lance sur BFM Lille Maître Pierre Debuisson, avocat des victimes, qui appelle à une mise en examen du groupe Nestlé.

D'autre part, plusieurs personnes ayant travaillé dans cette usine expliquent que les heures de ménage ont été fortement diminuées pour produire davantage, et que ce sont les employés qui doivent le faire eux-mêmes depuis plusieurs années, non plus une entreprise extérieure spécialisée. Un ancien employé déclare qu'il y avait toujours de la moisissure sur place et de la nourriture à terre.

Les mauvaises conditions de nettoyage et d'hygiène avaient déjà été critiquées dans le passé par des salariés de l'usine Caudry. Des inspections des autorités sanitaires depuis plusieurs années avaient aussi signalé "la présence de rongeurs" et le "manque d'entretien et de nettoyage des zones de fabrication, de stockage et de passage" dans l'usine.

Dans cette affaire, une information judiciaire a été ouverte mi-mai, notamment pour homicide involontaire à l'égard d'une personne et blessures involontaires concernant 14 autres.

Article original publié sur BFMTV.com