Pizzas Buitoni contaminées: un avocat de victimes réclame 250 millions d’euros à Nestlé

Des pizzas Buitoni dans un supermarché le 13 juin 2022 - RMC
Des pizzas Buitoni dans un supermarché le 13 juin 2022 - RMC

Kelig, 2 ans et demi, et Nathan, 8 ans, sont morts à l'hiver 2022 après avoir mangé une part de pizza Buitoni de la gamme Fraîch’Up. Gravement contaminés par la bactérie Escherichia coli, d'autres enfants ont dû être hospitalisés et gardent à ce jour des lésions au niveau des reins, du coeur, du foie ou encore du cerveau. Un véritable "film d'horreur" pour les parents de ces petites victimes, comme Yohan Aïech, le père de Nathan.

"Nestlé (propriétaire de la marque Buitoni, NDLR) a gâché nos vies, il faut qu’ils payent", déclare-t-il au Journal du Dimanche.

Son avocat, qui représente 55 victimes et 48 familles dans cette affaire, vient d'engager une action au civil pour "faute lourde" et réclame à la multinationale 250 millions d’euros. "Il faut une réparation à la hauteur de ces drames humains", plaide Me Pierre Debuisson.

Un fonds jugé "opaque"

Interrogé par nos confrères, il reproche à Nestlé de ne pas avoir "pris les mesures nécessaires" pour garantir "la qualité du produit mis en vente". Me Debuisson affirme également que le groupe a attendu plus de deux mois avant de rappeler un million de pizzas Fraîch’Up, malgré les suspicions de liens entre leur consommation et la recrudescence de syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) provoquant des lésions aux reins.

Après la révélation de ce scandale sanitaire, le patron de Nestlé France, Christophe Cornu, a présenté ses "excuses" aux familles des enfants touchés par des contaminations et ouvert, début septembre, un "fonds de soutien aux victimes".

Une aide financière au fonctionnement néanmoins "opaque", dénoncent les familles éreintées par ce que leur avocat qualifie de "plus grand scandale alimentaire en Europe ces trente dernières années".

"Affligeant", "inacceptable"

Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire, blessures involontaires, mise sur le marché d'un produit dangereux pour la santé et mise en danger d'autrui. Mais depuis le début des investigations, Me Pierre Debuisson affirme ne jamais avoir été contacté par le juge d'instruction en charge du dossier.

"Au mieux les magistrats chargés de cette affaire ne sont pas compétents, et c’est affligeant. Ou alors il y a une collusion entre l’institution judiciaire parisienne et le groupe Nestlé, et c’est inacceptable", souligne l'avocat "révolté de l’indifférence" avec laquelle les familles sont traitées.

Le géant agroalimentaire a annoncé la semaine dernière qu'il envisageait de redémarrer en novembre - sous réserve du feu vert des autorités - l'une des deux lignes de production de son usine de Caudry, d'où sont sorties les pizzas contaminées par la bactérie E.coli.

Article original publié sur BFMTV.com