Pitié !

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Je suis venu vous gâcher la teuf. Après des années de playlists déplorables sur les bancs de sable pollués par les sponsors - amère vision que cette marée noire sans sucre nommée «plage Nespresso» -, les atroces fêtes cannoises, dévidant dans la nuit leur dégueulis sonore à base de Chais pas vous d’Ed Sheeran, semblent avoir fini par contaminer les films. Si j’étais au pouvoir (frémis, Thierraux ! Déchoir Waintrop ! Et tchak, Tesson ! Qui est chaud pour un petit putsch ?), j’imposerais un moratoire sur l’usage de la musique dans les films, tacitement renouvelable tous les dix siècles, un plan millennal de développement du SILENCE. Desplats au placard, Glass au goulag ! Cette année encore, pour nous faire passer la pilule vomitive de leurs montages indigestes, les «cinéastes», tous budgets et sélections confondus, auront salopé leurs copies avec diverses nappes phréatico-progressives (le reconnaissable «son de l’angoisse» dont la kermesse du court métrage de Pantin semble avoir perdu l’exclusivité), sanglots longs des violons sonotones et autre vieille soul qui tache. Il n’y a guère que mon petit Godard pour oser encore vite couper la chique aux ardeurs d’Arvo Pärt : t’es le dinosaure du punk hardcore, bébé !

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