Les pistes pour relancer la recherche pharmaceutique française

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Après le retard pris par Sanofi dans le développement de son candidat vaccin anti-Covid-19, l'institut Pasteur a annoncé l'abandon des recherches sur son principal projet de vaccin contre le coronavirus lundi. La France n'a donc pas vraiment brillé dans cette course et le Conseil d'analyse économique fait d'ailleurs le constat d'un retard dans la recherche pharmaceutique.

Le Conseil d'analyse économique (CAE) préconise d'augmenter les financements publics alloués à la recherche fondamentale. Le pays doit s'adapter au nouveau paysage de la recherche, davantage tourné vers la biologie et la génomique. Une recherche plus complexe et plus coûteuse alors que depuis quelques années, les financements ont baissé.

Hors crédit d'impôt recherche, les fonds pour la recherche et le développement pour la santé ont chuté de 28% entre 2011 et 2018, soit un milliard de dollars en moins. Le CAE suggère également de favoriser les liens entre les universités et les start-ups.

Simplifications administratives, promotion des génériques...

Une autre recommandation est de réserver les fonds publics au financement des essais cliniques ayant des normes élevées de preuves scientifiques. La France mène en effet beaucoup d'essais et pourrait nourrir l'ambition de devenir leader européen, si ces fonds étaient mieux alloués.

Plus de flexibilité sur les prix et une simplification administrative seraient aussi favorables. Sur ce dernier point, la note relève qu'il faut 489 jours entre l'autorisation et la commercialisation en France, contre 119 en Allemagne.

L'État doit aussi évaluer les mesures de promotions des génériques. La part de ces médicaments est de 30% en France, bien inférieure au marché allemand. Les fonds ainsi économisés par l'État pourraient être investis dans la recherche. Le CAE suggère également de revoir les règles des brevets au niveau européen pour établir des durées adaptées au degré d'innovation.

Et au niveau européen, pour certaines pathologies jugées prioritaires, il préconise enfin de lancer des concours d’innovations pharmaceutiques, et s’engager à l’avance de manière crédible à en financer le montant pourrait être une autre clef.

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