"Et pis taf !", la bande dessinée de l'auteur rochelais Lamisseb qui s'amuse de la mort

Rire avec la mort pour la dédramatiser et mieux l'appréhender. C'est ce que propose Sébastien Rocca, dit Lamisseb à travers sa bande dessinée Et pis taf !. Après un premier tome en 2014, l'auteur revient avec un deuxième volume de son œuvre. Il y raconte des morts absurdes, soudaines et parfois idiotes, accompagnées d'épitaphes propices aux calembours. Reportage : S.Poirier / M. Millet / M. Dubois / C. Pougeas Le dessinateur crée des personnages en noir et blanc, mais sans crayons gris, gommes et autres papiers traditionnels. Sébastien Rocca dispose d'un équipement particulier pour dessiner au pixel près : "C'est un gant qui permet d'éviter à la tablette tactile de faire bouger la feuille virtuelle accidentellement". De fausses histoires, pour rire pour de vrai La BD raconte donc des fausses histoires de mort, pour en rire pour de vrai. "Rire de la mort, c'est une bonne façon de se rappeler qu'on est en vie. Ça peut aussi faire du bien je pense pour les vivants de dédramatiser, de penser que ça peut être drôle. 'Mourir ça doit pas être difficile, puisque tout le monde y arrive' disait je ne sais plus qui". Pour les amateurs de citations, c'est Michel Galabru qui est l'auteur de celle-ci. Mais revenons à la bande dessinée dont l'auteur puise l'inspiration dans son entourage ou encore les faits divers. Agathe De La Ristrocatie dont la pierre tombale indique "Voilà que je manque de savoir-vivre". Jean-Claude François, "un grand marin emporté dans le courant", autant de situations imaginées par Lammiseb. "La BD s'y prête bien. Entre deux cases, vous avez du temps qui s'écoule, très peu ou beaucoup, c'est vous qui voyez. Et ce qui me plaisait, c'était vraiment de faire une BD pas gore ou trash, sans effusion de sang. Mais d'avoir un côté brutal entre la mort imminente dans une case et la pierre tombale dans la case tout de suite après. Le côté soudain qui ressemble à la mort telle qu'elle est vécue je pense". Ce deuxième opus viendra donc chatouiller les zygomatiques du lecteur dans une période où le rire doit plus que jamais être le propre du bon vivant.