Piqûres en boîte de nuit: 800 plaintes, des interpellations… Le point sur les enquêtes

Après des centaines de cas de piqûres suspectes en boîte de nuit et dans des festivals, les forces de l'ordre peinent encore à endiguer le phénomène (photo d'illustration). (Photo: Todorean Gabriel / iStock / Getty Images Plus)
Après des centaines de cas de piqûres suspectes en boîte de nuit et dans des festivals, les forces de l'ordre peinent encore à endiguer le phénomène (photo d'illustration). (Photo: Todorean Gabriel / iStock / Getty Images Plus)

Face à un phénomène encore énigmatique, les enquêteurs et les forces de l'ordre tâtonnent, comme le révèlent nos confrères du "Figaro".

JUSTICE - C’est un phénomène qui se propage plus vite que les enquêtes n’avancent. Depuis plusieurs mois en France, comme au Royaume-Uni un peu plus tôt, des centaines de cas de piqûres suspectes ont été rapportés, essentiellement par des jeunes femmes après des soirées en boîte de nuit ou des festivals. Une accumulation de plaintes au sujet de laquelle nos confrères du Figaro ont dévoilé jeudi 16 juin un premier bilan policier.

Une synthèse réalisée par la direction générale de la police nationale (DGPN) recense les victimes et les plaintes, revient sur les symptômes les plus fréquents et liste les actions policières menées en réponse.

Ainsi, rapporte Le Figaro, c’est le Morbihan qui est le département français le plus touché, notamment avec des dizaines de malaises consécutifs à des piqûres au cours d’un festival de musique, “Insolent”, organisé le 23 avril dernier à Lorient. Pour le reste du pays en revanche, les zones les plus concernées par le phénomène se trouvent au sud de la Loire, à l’image d’un tournage de TF1 dans le Var ou d’une vague de plaintes dans l’Hérault.

Des symptômes, mais pas de trace de GHB

Au total, la synthèse recense quelque 1.100 victimes sur l’ensemble du territoire et 808 plaintes déposées en France, que ce soit auprès de la police ou de la gendarmerie. Tant et si bien que les forces de l’ordre tentent désormais de devancer les malfaiteurs en menant des descentes surprises dans des lieux de fête. De son côté, l’Ofast (l’agence luttant contre le trafic de stupéfiants) se trouve en alerte face à la possible émergence d’un réseau de trafiquants.

Car si les enquêteurs peinent encore à vaincre le casse-tête, le problème est loin d’être anodin. Le Figaro précise ainsi que le rapport de la DGPN liste des symptômes pouvant être particulièrement handicapants: “bouffées de chaleur, vertiges, perte de sensibilité, voire de connaissance”. Au point de nécessiter “l’intervention des secours” et occasionnellement des transports à l’hôpital en vue de mener des examens médicaux.

Toutefois, alors que certaines victimes craignent d’avoir été piquées avec du GHB, la tristement célèbre “drogue du violeur”, aucune analyse n’a révélé la présence du moindre résidu de cette molécule dans le sang ou les urines des victimes. De même, la note policière note que les personnes ayant déposé plainte “n’évoquent pas d’acte d’agression sexuelle ou de vol consécutifs à la piqûre”.

Au CHU de Dijon, un protocole pour accompagner les victimes

Reste toutefois aux forces de l’ordre à comprendre le phénomène en procédant à des interpellations concluantes. Car pour l’heure, assure encore Le Figaro, aucune des cinq interpellations conduite à ce stade n’a permis d’incriminer qui que ce soit. À chaque fois, les suspects ont été relâchés et mis hors de cause.

En attendant que les enquêteurs avancent donc sur ce dossier, la société s’organise pour faire face. Ainsi, comme le décrit l’Agence France presse, le CHU de Dijon a mis au point un protocole pour prendre en charge au mieux les futures victimes. En cas de suspicion de piqûre, il consiste notamment en des “prélèvements rapides urinaires et sanguins pour analyses toxicologiques, biochimiques et sérologiques” ainsi qu’une “constatation des éventuelles traces de piqûres” et la “prise des paramètres vitaux”.

Le centre hospitalier conseille aussi aux personnes suspectant une agression à la seringue de “ne surtout pas uriner avant prise en charge” et de “rejoindre un service d’urgences le plus rapidement possible”. Bref, tout ce qui permettra à la fois aux enquêteurs de progresser et aux victimes d’être accompagnées d’ici à ce que le phénomène soit endigué.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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