Le pillage des fossiles de dinosaures se poursuit au Maroc

Jacques Deveaux

Erfoud à environ 30 km de la frontière algérienne, au sud-est du Maroc, est "le plus grand musée de fossiles à ciel ouvert du monde". C’est aussi le plus gros marché paléontologique qui soit, légal ou pas.

Cette région est une bénédiction pour les amateurs, les savants, les commerçants et… les trafiquants. Ici, il y a 500 millions d’années, s’étendait la mer. Et la vallée ne compte pas moins de 500 variétés de fossiles, dont des pièces remarquables comme des squelettes fossilisés de dinosaures vieux de 65 millions d’années. La modeste pluviométrie a fait le reste. La faible érosion ainsi qu’une végétation peu développée permettent de récupérer facilement des milliers de fossiles.

Des pièces rares qui sont vendues au vu et su de tous. En l’absence d’une législation claire, et sans doute avec force bakchich, tout se vend et tout s’achète. En 2017, la vente aux enchères à Paris du squelette d’un plésiosaure (un reptile marin), a fait grand bruit. Nul ne sait comment il avait pu quitter le sol marocain. Désormais, le ministère concerné et l’Association pour la protection du patrimoine géologique (APPGM) cherchent à concevoir un dispositif pour établir un plan d’action.

Mais pendant ce temps, les affaires continuent et le plan de protection tarde à venir. Au départ de la chaîne, il y a ceux qu’on appelle "les extracteurs". En 2016, l’AFP, s’appuyant sur des estimations locales, avançait le chiffre de 70% de la population d’Erfoud qui vivrait de cette activité. "Tu (...)

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