Ce pigeon robot pourrait enfin nous apprendre à voler comme les oiseaux

Matthieu Balu

SCIENCE - Fais comme l’oiseau: des chercheurs américains ont suivi à la lettre le mot d’ordre de Michel Fugain, et le résultat pourrait bien nous ouvrir des horizons. Dans deux études distinctes publiées à la mi-janvier dans les revues Science et Science Robotics, l’équipe d’Éric Chang à l’université de Stanford relate la mise au point et l’essai d’un pigeon robot au vol plein d’enseignements, comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête d’article.

Répondant au doux nom de “Pigeonbot”, la création guidée par télécommande est non seulement capable de voler, mais réplique aussi avec une précision le mouvement des ailes des volatiles. Si l’expérience est réussie, c’est parce que l’équipe a étudié en détail le fonctionnement de ces membres qui, comparés à nos rigides ailes d’avions, sont un miracle d’efficacité.

L’attention des scientifiques s’est d’abord portée sur le déploiement des ailes, et le rôle joué par les articulations des oiseaux: tous possèdent un avant-bras, suivi d’un poignet, et tout au bout, d’un long doigt, le long desquels sont attachées les plumes. L’équipe a démontré que ces éléments, répliqués dans le Pigeonbot, permettaient l’oiseau de maîtriser le déploiement de ses appendices, donc son vol, avec une extrême précision, et très rapidement. 

L’oiseau va par exemple replier légèrement son doigt gauche pour perdre un peu de surface, et s’incliner immédiatement dans le sens de cette asymétrie. De même, lorsque le volatile souhaite perdre de la hauteur, il plie légèrement le bout de ses deux ailes, sans avoir à utiliser d’autre mécanisme que ses articulations. 

Une mécanique bien huilée qui ne serait rien sans les plumes, et leur anatomie dont les chercheurs ont là encore percé un mystère. Même lorsque les ailes des oiseaux sont écartées au maximum, elles restent solidaires entre elles, ne laissant pas passer l’air. Sans ce mur de plumes, pas d’ascension possible pour les vertébrés. 

Ici, Pigeonbot et son squelette imprimé en 3D où sont montées...

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