A Pierrefitte, la jeunesse comme planche de salut

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Au restaurant Drima Grill de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), le protocole sanitaire est appliqué plus qu'à la lettre. Deux machines dernier cri font face au client, l'une distribue du gel, l'autre prend la température. "Y a pas à dire, dans le 93, on fait les choses bien", rigole Taoufik, un serveur. Avant qu'on ne reparte, le jeune homme de 22 ans, "7 sur 7 à Pierrefitte", tient à brosser le portrait de sa commune. "Ici les gens veulent de la lumière sur leur vie, glisset-il. Les jeunes veulent tous s'en sortir et avancer. Faites le tour, vous allez voir, ça a changé." De fait, quitter la déco à l'américaine du Drima Grill pour parcourir Pierrefitte-sur- Seine, c'est faire une balade à travers la politique de la ville de ces vingt dernières années, entre succès, chantiers et fractures.

Un tramway inauguré en 2013 permet de rejoindre de grands bâtiments rénovés et d'autres flambant neufs aux couleurs pastel ; des zones pavillonnaires uniformes ; un centre-ville aux façades dégradées. Et, toujours, des barres d'immeubles insalubres à la sauce années 1970. Le tout strié par la nationale qui rallie Saint-Denis au sud et Sarcelles (Val-d'Oise), au nord.

Il reste probablement encore plusieurs années de chantiers pour venir à bout de l'habitat indigne, véritable plaie du 93 dans laquelle se ruent les marchands de sommeil. À Pierrefitte, il y a 30 000 habitants recensés pour 35 000 dans les faits. Soit près de 15% d'invisibles qui vivent h...


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